Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Entreprises Entreprises Entreprises Tribune Jennifer Rayner Consultante et chercheuse La politique économique à l’ère de l’intelligence artificielle doit garantir qu’il reste suffisamment de travail pour ceux qui le souhaitent et écarter le risque que cette technologie vide nos caisses publiques, estime Jennifer Rayner, spécialiste de la transition économique, dans une tribune au « Monde ». Publié aujourd’hui à 17h00 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés Dans l’ère de l’intelligence artificielle (IA), il est tout à fait possible de bâtir une entreprise avec un chiffre d’affaires annuel de 1,8 milliard de dollars (1,5 milliard d’euros) mais seulement deux employés : c’est ce qu’a fait Matthew Gallagher avec sa plateforme de télé-santé. Nos finances publiques risquent d’être évidées par cette évolution du capitalisme. Et pourtant, nous avons à peine ouvert ce débat essentiel sur les changements fondamentaux du système fiscal qu’il faut prévoir pour éviter les crises budgétaires à venir. L’un des changements les plus efficaces pourrait être de taxer sur la base de l’intensité du travail : les entreprises qui continuent d’employer des humains seraient relativement peu taxées, celles qui remplacent les emplois par des robots le seraient davantage. Lorsqu’une entreprise emploie des salariés, cette activité contribue aux finances publiques par les impôts sur les bénéfices et ceux réglés par ses travailleurs sur leurs salaires. Selon l’Organisation de coopération et de développement économiques [OCDE], les recettes de l’impôt sur le revenu des personnes constituent 24 % des recettes totales en moyenne dans ses pays membres ; la France a engrangé près de 95 milliards d’euros de cette source en 2025. Les impôts sur les sociétés n’ont contribué qu’à hauteur de 62 milliards d’euros en France, et représentent en moyenne 12 % des recettes annuelles dans l’ensemble de l’OCDE. Dans un avenir où l’IA pourrait détruire des millions d’emplois, cela viderait l’assiette des impôts individuels : pas de travail, pas de feuille fiscale ! Pire, cette hémorragie surviendrait au moment où les dépenses publiques auraient besoin d’augmenter drastiquement pour faire face à la hausse des allocations-chômage. Les profits de l’IA seront privatisés, ses coûts seront socialisés. Il faut repenser dès maintenant le fonctionnement du système fiscal. L’idéal serait de donner aux entreprises la plus forte incitation possible à conserver une grande partie de leurs effectifs, et de capter pour les finances publiques une part équitable de leurs bénéfices si elles les remplacent par des agents IA. Il vous reste 62.77% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
« Face au risque que l’IA détruise des millions d’emplois, il faut repenser notre système fiscal »
TRIBUNE. La politique économique à l’ère de l’intelligence artificielle doit garantir qu’il reste suffisamment de travail pour ceux qui le souhaitent et écarter le risque que cette technologie vide nos caisses publiques, estime Jennifer Rayner, spécialiste de la transition économique, dans une tribune au « Monde ».
L'IA crée des entreprises à 1,8 Mrd$ de CA avec 2 salariés (Gallagher), affectant 24% des recettes fiscales basées sur le revenu (OCDE). Manager IT doit anticiper taxe sur intensité travail: remplacement d'effectifs par agents IA coûtera plus cher, influençant ROI et stratégies d'automatisation.






