Cela faisait plus de dix ans que Nicolas Winding Refn n’avait pas sorti de long métrage de fiction, lui qui s’était récemment tourné vers la télévision, notamment pour la minisérie Netflix Copenhagen Cowboy (2022). Le cinéaste danois avait pourtant réalisé dix longs métrages en vingt ans, dont les cultissimes Pusher (1996) et Drive (2011). Her Private Hell, son onzième, à l’affiche depuis vendredi après sa première canadienne au Festival Fantasia la semaine dernière, était pour ainsi dire très attendu.Reprenant fidèlement — voire poussant à l’extrême — l’esthétique hyperstylisée faite de paillettes et de néons à laquelle il est associé, le film, dévoilé au Festival de Cannes en mai, a depuis fortement divisé la critique. Si le quotidien français Le Monde l’a décrit comme une « traversée des enfers d’une grande sophistication », le magazine américain IndieWire l’a qualifié « d’une des plus misérables expériences de visionnement au cinéma depuis des années ». Qu’à cela ne tienne, Fantasia en a fait le film d’ouverture de sa 30e édition, et le réalisateur est même venu à Montréal pour l’occasion. Il y a reçu le prix de carrière honorifique Cheval noir. Le Devoir s’est entretenu avec lui lors d’une matinée de presse le lendemain.