La nouvelle salve de tarifs commerciaux de Donald Trump montre l’ampleur des pouvoirs unilatéraux des superpuissances en même temps qu’elle trahit la marge de manœuvre de plus en plus étroite du président.Après la tempête des premiers mois de son retour à la Maison-Blanche, on en avait presque oublié le plaisir que Donald Trump semble tirer du fait de pouvoir imposer de nouveaux tarifs commerciaux sur tout ce qui bouge.Les Canadiens ont eu droit à un dur retour à la réalité cette semaine. Ils avaient ri, quelques jours plus tôt, lorsque le président américain avait brandi la menace de nouveaux droits de douane comme forme de dédommagement pour la fumée des feux de forêt au Canada. On rit moins maintenant qu’il est question de nouveaux tarifs de 50 % sur plus de 500 produits canadiens exportés aux États-Unis et pourtant censés être protégés par l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM), un traité négocié, signé et longtemps célébré par Donald Trump lui-même.La guerre à moindre coûtCette fois-ci, le gouvernement Trump menace de se servir d’une loi remontant à la Grande Dépression et jamais utilisée en réponse au traitement discriminatoire dont les États-Unis seraient victimes.Washington se plaint notamment des contre-tarifs et de l’aide financière mise en place par Ottawa dans l’industrie de l’auto à la suite, ironiquement, des tarifs américains. On en veut aussi contre le fait que l’Europe ait obtenu de meilleures dispositions pour ses exportateurs de fromage dans son traité de libre-échange avec le Canada que ne l’ont fait les négociateurs américains dans l’ACEUM. On ne digère pas non plus le retrait de l’alcool américain des tablettes de plusieurs provinces canadiennes.Les marchandises visées par les menaces américaines vont d’équipements industriels à des produits de plastique, en passant par des meubles et plusieurs produits de papier et de bois. De 20 milliards de dollars américains, leur valeur représente environ 5 % des 380 milliards d’exportations canadiennes aux États-Unis.Équivalents pour certains exportateurs canadiens visés à un embargo américain, les nouveaux tarifs auraient pour avantage, aux yeux de Washington, d’infliger le maximum de douleur au Canada au plus faible coût possible pour les entreprises et les consommateurs américains déjà très remontés contre les politiques commerciales de leur président.
Une nouvelle vague tarifaire américaine approche
Loin de baisser pavillon devant les difficultés, Donald Trump entend défendre et même solidifier son mur tarifaire.














