Dans une tribune publiée par “Le Monde”, la DJ, figure des nuits parisiennes LGBTQ+, dénonce la violence des attaques qui l’ont obligée à écourter son concert à Grenoble samedi 18 juillet. Et assure en avoir été la cible parce qu’elle est de confession juive. Selon Barbara Butch, ses détracteurs lui reprochent son soutien à la très discutée proposition de loi Yadan, qui visait à « lutter contre les nouvelles formes d’antisémitisme ». Photo Pierre Rouanet/PhotoPQR/Voix du Nord/MAXPP Par Télérama Publié le 21 juillet 2026 à 14h52 Après le concert interrompu de Barbara Butch samedi à Grenoble par des militants pro-palestiniens, l’artiste et DJ a tenu à réagir dans une tribune publiée dans Le Monde hier, cosignée avec son avocate Audrey Msellati. « Ce soir-là, écrivent les deux femmes, une frontière a été franchie : celle qui sépare la protestation de la coercition, le désaccord de l’intimidation, la parole de la violence. » Après avoir été accueillie par des sifflets, des cris et des insultes samedi soir à son entrée sur la scène du Cabaret Frappé, festival d’été gratuit organisé depuis plus d’une vingtaine d’années à Grenoble, l’artiste juive a dû être exfiltrée après avoir été la cible de jets de projectiles divers (graviers, cartons, plastiques liquides…) et de bouteilles de verre. « Grenoble n’est pas un accident, poursuit le texte. Depuis des mois, Barbara Butch fait l’objet d’une campagne coordonnée qui ne cherche plus seulement à critiquer ses engagements, réels ou supposés, mais à obtenir son exclusion de la vie artistique et publique. » En cause, le soutien de l’artiste, figure des nuits parisiennes LGBTQ+, à la très discutée proposition de loi Yadan, qui visait à « lutter contre les nouvelles formes d’antisémitisme ». Un texte accusé de criminaliser la critique du gouvernement israélien et retiré au printemps de l’agenda parlementaire. Pour Barbara Butch et son avocate, « la violence physique n’est pas un débordement : elle est l’étape suivante d’une entreprise qui a échoué par tous les autres moyens. […] Ce glissement porte un nom : l’antisionisme invoqué n’a été, à Grenoble, que le vêtement de l’antisémitisme. Avant de conclure : « On peut contester une artiste. On ne peut pas organiser sa disparition. » “Je remonterai sur scène” À la suite de ce texte, plusieurs personnalités de la musique ont réagi. « On empêche un concert par la force de quelques-uns ! Intolérable !… et puis quoi… demain on brûlera les livres… et ensuite… tout mon soutien chère Barbara », a écrit Pascal Nègre, ancien patron d’Universal. Le DJ français Bob Sinclar a tenu lui aussi à s’exprimer : « Ce qui est arrivé à Barbara Butch ce week-end, c’est inadmissible. Et ça me rend triste », a-t-il déclaré dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux. Laurent Garnier s’est, lui, fendu d’un court message de solidarité sur le compte de la DJ : « Stay strong Barbara. » Dans le journal Libération, une tribune « Agresser une DJ juive ne libérera pas la Palestine » a rassemblé trois cents signatures d’artistes et d’universitaires (Romane Bohringer, Luc et Jean-Pierre Dardenne, Marie Darrieussecq, Tiago Rodrigues ou encore Sophie-Marie Larrouy…). À lire aussi : Grossophobie : contre la censure des réseaux sociaux, postez la une de “Télérama” Sur son compte Instagram, Barbara Butch a assuré ne pas vouloir céder aux menaces : « […] Je remonterai sur scène. Pour moi, et pour tous ceux qui n’ont pas la chance d’être aussi bien entourés. » L’artiste doit se produire, samedi 25 juillet, sur la scène du festival Le Hameau, à Saint-Martin-du-Tertre, dans l’Yonne. Musique Concert Antisémitisme Conflit israélo-palestinien Le magazine en format numérique Lire le magazine Les plus lus