Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Antisémitisme Antisémitisme Antisémitisme Tribune Barbara Butch DJ et artiste Audrey Msellati Avocate Contrainte de quitter la scène samedi 18 juillet à Grenoble, après avoir fait l’objet d’insultes et de jets de bouteilles de la part de militants propalestiniens, la DJ Barbara Butch dénonce une irruption de la violence, dans une tribune au « Monde », cosignée avec son avocate, Audrey Msellati. Publié aujourd’hui à 18h48, modifié à 19h37 Temps de Lecture 4 min. Article réservé aux abonnés 18 juillet 2026. Barbara Butch monte sur scène [à Grenoble] pour mixer. Pour faire danser. Plus d’une centaine de manifestants l’accueillent par des sifflements, des huées, des cris, des insultes. Des projectiles fusent : graviers, cartons, plastiques, liquides ; des bouteilles en verre éclatent sur sa console et à ses pieds. La musique s’arrête. Barbara Butch doit être exfiltrée. [Le concert de Barbara Butch à Grenoble le 18 juillet a été interrompu, après avoir été perturbé par des militants propalestiniens. Ils répondaient à un appel au boycott, soutenu par La France insoumise, dénonçant notamment le soutien affiché de la DJ à la loi Yadan.] Ce soir-là, une frontière a été franchie : celle qui sépare la protestation de la coercition, le désaccord de l’intimidation, la parole de la violence. On ne répondait plus à une artiste : on la chassait de la scène. Mais Grenoble n’est pas un accident. Depuis des mois, Barbara Butch fait l’objet d’une campagne coordonnée qui ne cherche plus seulement à critiquer ses engagements, réels ou supposés, mais à obtenir son exclusion de la vie artistique et publique. La méthode est constante : la désigner ; la disqualifier moralement ; répandre contre elle des accusations diffamatoires jusqu’à la nausée ; réclamer sa déprogrammation ; faire pression sur les salles, les festivals, les collectivités, le public ; intimider ceux qui l’invitent ou la soutiennent ; transformer chacun de ses déplacements en menace, chacun de ses concerts en épreuve, chacun de ses employeurs en cible. Puis, lorsque rien de tout cela ne suffit, on vient imposer la contrainte sur le lieu même où elle doit se produire. Stigmate La violence physique n’est pas un débordement : elle est l’étape suivante d’une entreprise qui a échoué par tous les autres moyens. On connaît ce mécanisme : Barbara Butch l’a déjà subi au lendemain de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris, il y a deux ans. [Elle avait alors fait l’objet de cyberharcèlement, quatre hommes ont ensuite été condamnés en 2025.] Il vous reste 70.87% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.