Société Ce samedi 18 juillet, le concert de la DJ Barbara Butch a été stoppé par une centaine de manifestants qui entendaient dénoncer son soutien à la proposition de loi Yadan, retirée au printemps. Barbara Butch, ici lors de « We Are French Touch », à Paris, le 26 novembre 2025. Photo Olivier Juszczak/SIPA Par Télérama, avec AFP Publié le 19 juillet 2026 à 18h08 Un concert de la DJ Barbara Butch a été interrompu samedi soir 18 juillet à Grenoble après que des militants propalestiniens, répondant à un appel au boycott soutenu par LFI, ont perturbé son set, a appris l’Agence France-Presse dimanche 19 juillet. « L’artiste a été la cible d’une agression intolérable en plein spectacle », a indiqué la mairie de Grenoble à l’AFP, confirmant une information de Ici Isère. Depuis le mois de mai, le concert de Barbara Butch faisait l’objet d’un appel au boycott, notamment de la part de l’antenne grenobloise de La France insoumise (LFI). Celle-ci dénonçait le fait que l’artiste juive avait signé une tribune en soutien à la très contestée proposition de loi Yadan visant à « lutter contre les nouvelles formes d’antisémitisme », un texte accusé de criminaliser la critique du gouvernement israélien et depuis retiré de l’agenda parlementaire. La mairie de Grenoble, qui évoque des « jets de bouteilles en verre » et autres projectiles « visant délibérément la scène », « condamne fermement » les faits survenus samedi soir. Doigts d’honneur, sifllets… Barbara Butch, figure des nuits parisiennes LGBTQ+ qui a notamment participé à la parodie controversée de la Cène lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris en juillet 2024, se produisait vers 22h20 dans le cadre du festival Cabaret Frappé, organisé par la Ville de Grenoble depuis vingt-cinq ans. « Il y avait à peu près 150 militants devant la scène qui avaient des banderoles, qui sifflaient, l’insultaient », a indiqué à l’AFP un responsable du festival. Sur les réseaux sociaux, des vidéos montrent des personnes agitant des drapeaux de la Palestine, brandissant des doigts d’honneur, criant « Barbara Butch de là ! » et faisant retentir des sifflets, alors que l’artiste est sur scène. Le président du groupe LFI au conseil municipal de Grenoble, Allan Brunon, qui était présent, s’est félicité auprès de l’AFP de la tenue de cette « manifestation pacifique » et de l’interruption du concert. Selon lui, « il n’y a pas eu de projectiles qui ont été jetés ». « La France insoumise n’a jamais appelé à la violence contre Mme Butch », a-t-il insisté. À Ici Isère, l’élu LFI a précisé : « C’est notre liberté d’expression de dire que nous ne sommes pas d’accord avec ça. Mais ce n’est pas madame Barbara Butch qui est censurée, ce sont toutes les personnes qui luttent contre le génocide à Gaza qui sont censurées aujourd’hui dans notre pays ». Au bout d’une vingtaine de minutes, « face aux menaces visant l’artiste Barbara Butch, et afin de garantir la sécurité du public, des équipes et de l’ensemble des personnes présentes, la Ville de Grenoble a pris la décision de suspendre le concert », a indiqué la mairie dans un communiqué, qui ajoute que des installations électriques ont par ailleurs été sabotées. Déprogrammer sur la base d’opinions est un acte fort qui reviendrait à faire des organisations culturelles des arbitres idéologiques. Extrait du communiqué de l’Assocation Retour de Scène, en charge du festival Cabaret Frappé Newsletter Le réveil culture Votre condensé quotidien de l'actualité culturelle et nos recommandations du jour. Dans un communiqué publié sur ses réseaux sociaux, l’association Retour de Scène, en charge de la programmation du festival, a indiqué comprendre « que la programmation (de Barbara Butch) suscite des réactions et est sensible aux personnes que cela peut toucher ou heurter », mais que « déprogrammer sur la base d’opinions est un acte fort qui reviendrait à faire des organisations culturelles des arbitres idéologiques. » De son côté, la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra) a affiché dimanche 19 juillet son soutien à Barbara Butch dans un message publié sur X. L’association requiert l’ouverture d’une enquête. « Il est scandaleux qu’en France une artiste soit exposée à des menaces, à des intimidations ou à des risques pour sa sécurité en raison de sa confession réelle ou supposée, de son engagement contre l’antisémitisme ou de l’expression de ses opinions », dénonce la Licra. À lire aussi : Boycotter le monde culturel israélien pour marquer son soutien à Gaza ? Une question incandescente Société Musique Conflit israélo-palestinien Le magazine en format numérique Lire le magazine Les plus lus Pour soutenir le travail de toute une rédaction, abonnez-vous Pourquoi voyez-vous ce message ? Vous avez choisi de ne pas accepter le dépôt de "cookies" sur votre navigateur, qui permettent notamment d'afficher de la publicité personnalisée. Nous respectons votre choix, et nous y veillerons. Chaque jour, la rédaction et l'ensemble des métiers de Télérama se mobilisent pour vous proposer sur notre site une offre critique complète, un suivi de l'actualité culturelle, des enquêtes, des entretiens, des reportages, des vidéos, des services, des évènements... Qualité, fiabilité et indépendance en sont les maîtres mots. Pour ce faire, le soutien et la fidélité de nos abonnés est essentiel. 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