Il s’exprime sans prompteur et ajuste sans cesse ses lunettes qui glissent. Ce lundi, après son entrevue avec le roi Charles qui l’a officiellement nommé Premier ministre du Royaume-Uni, Andy Burnham a pris la parole devant ses futurs bureaux et annoncé un « plan sur dix ans » pour redresser le Royaume-Uni.Sous un beau soleil, devant un micro simplement posé sur un trépied au milieu de Downing Street, et non le traditionnel pupitre utilisé par ses prédécesseurs, le nouveau chef du gouvernement britannique, 56 ans, a promis à ses concitoyens de « restaurer l’espoir ». Il a évoqué notamment une réforme du système éducatif, la réindustrialisation, la construction de logements sociaux et la volonté de « mettre fin au sans-abrisme » dans le pays.Sans attendre la présentation de sa stratégie décennale pour le pays, Burnham a promis qu’il ferait « dès demain » des annonces pour aider les Britanniques à faire face au coût de la vie. « Je présenterai certaines de ces mesures dès demain, y compris leur financement », a-t-il déclaré, « je franchirai bientôt cette porte derrière moi et donnerai ma première instruction : mettre fin au sans-abrisme dans notre pays », a-t-il affirmé.« Nous allons changer la politique »Le successeur de Keir Starmer a commencé par expliquer, face caméras, que le pays continuait de payer les « mauvais virages » ultralibéraux pris dans les années 1980 sous l’égide de Margaret Thatcher. « Beaucoup ont le sentiment d’être toujours en déclin et de ne pas avoir les moyens de renverser la tendance. C’est pourquoi nous allons changer la politique, pour la rendre plus collaborative, davantage axée sur la résolution des problèmes », a-t-il dit.VidéoQui est Andy Burnham, le futur Premier ministre britannique ? « Nous allons décentraliser le pouvoir et l’étendre à chaque code postal du pays, afin que chacun puisse agir davantage et, ce faisant, construire une nouvelle économie où nous replacerons les produits de première nécessité sous un contrôle public plus fort pour qu’ils redeviennent abordables pour vous », a-t-il déclaré.L’eau devrait être le premier chapitre de ce nouveau livre. Burnham souhaite mener à son terme la nationalisation de Thames Water, la société privée qui alimente en eau potable 16 millions d’Anglais. La compagnie est sous le feu des critiques depuis plusieurs années car, bien que très endettée, elle verse chaque année d’importants dividendes aux fonds spéculatifs et fonds de pension qui forment 90 % de son actionnariat.Soutien de l’UkraineLe nouveau gouvernement travailliste doit, a-t-il dit, « construire un État plus préventif qui investisse dans la réussite des individus plutôt que de payer pour l’échec ». « Le Royaume-Uni doit montrer au monde qu’il est capable de retrouver sa stabilité », et la reconstruction du pays passera, a-t-il énuméré, par une politique active de réindustrialisation, la construction de logements sociaux, l’implication de l’État dans tous les domaines concernant le bien-être des citoyens, notamment une réforme du système éducatif.Il a promis que son cabinet travaillerait à « forger un nouveau sentiment d’unité nationale » et à « redonner l’espoir » aux citoyens. Il doit maintenant former son gouvernement.Le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham a aussi annoncé qu’il appellerait lundi le président ukrainien Volodymyr Zelensky pour l’assurer que le Royaume-Uni continuerait de soutenir l’Ukraine « à 100 % ». « Je ferai savoir très clairement, dans le courant de la journée, au président Zelensky qu’il n’y a aucun changement » dans la position du Royaume-Uni à l’égard de l’Ukraine, en guerre contre la Russie, a déclaré le travailliste.Il a aussi fait part de son intention d’appeler le président américain Donald Trump.