Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement International International International Russie Russie Russie Analyse Marie Jégo A deux mois des élections législatives, le Kremlin s’acharne à museler les rares candidats à la députation opposés à la guerre en Ukraine, alors que la population et quelques industriels se prennent à imaginer la paix. Publié aujourd’hui à 17h00 Temps de Lecture 5 min. Article réservé aux abonnés Entré en campagne pour les élections législatives de septembre en Russie, le politicien libéral Boris Nadejdine s’affichait comme le seul candidat ouvertement antiguerre en Ukraine. Mal lui en a pris : à peine la collecte des signatures requises pour sa candidature avait-elle commencé que le Kremlin lui a barré la route. Le 10 juillet, son nom a été ajouté par le ministère de la justice à la liste des « agents de l’étranger », un label à la connotation péjorative impliquant un contrôle drastique du gouvernement sur la personne ciblée. Trois jours plus tard, il a été reconnu coupable d’avoir exhibé « des symboles extrémistes » par le tribunal de Dolgoproudni, une ville de la banlieue nord de Moscou où il réside. Ces condamnations l’empêchent de se présenter. L’homme n’a pourtant rien d’un extrémiste, il vient du sérail. Politicien chevronné, il est issu de la cuvée des « démocrates » typiques de la Russie de la fin des années 1990. Conseiller de l’ancien vice-premier ministre Boris Nemtsov, puis assistant de l’ancien premier ministre Sergueï Kirienko – qui règne aujourd’hui en maître sur l’administration présidentielle –, Boris Nadejdine a été député à la Douma (la chambre basse du parlement) de 1999 à 2003. En 2024, il s’est fait connaître du public en cherchant à s’imposer à l’élection présidentielle comme le rival propaix de Vladimir Poutine, en vain, car sa candidature a été empêchée. Il vous reste 82.81% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.