Valery, 24 ans, le drapeau russe sur les épaules, avec son épouse, Kamila, 22 ans, qui arbore le ruban de saint Georges, symbole du patriotisme. Ils sont venus déposer des fleurs sur les monuments commémoratifs consacrés à la seconde guerre mondiale, à Moscou, le 9 mai 2025. MARIA TURCHENKOVA POUR « LE MONDE »

Dans sa cuisine, chez lui, Vitalï n’a aucun doute. Derrière son ordinateur, au bureau, Sergueï n’a aucune hésitation. La cinquantaine dynamique, pères de famille, archétypes de la nouvelle classe moyenne russe, aisée et éduquée, ces deux Moscovites soutiennent depuis trois ans l’invasion à grande échelle de l’Ukraine. Ils préfèrent rester anonymes car ils parlent à un journaliste occidental. « Ces négociations avec les Américains ne sont que de la poudre aux yeux », prédit Vitalï, professeur rencontré dans son appartement au centre de Moscou.

« Comment pourrait-il y avoir un accord de paix si les fascistes se maintiennent à Kiev ? », lâche Sergueï, cadre informatique, tasse de thé à la main, au siège de sa société, dans la banlieue de la capitale. Ces dernières semaines, les deux hommes ont suivi de près les manœuvres diplomatiques insufflées par les Européens et les Américains, les négociations russo-ukrainiennes du 16 mai à Istanbul, en Turquie, l’échange téléphonique du 19 mai entre les présidents russe et américain, Vladimir Poutine et Donald Trump.