Des ouvrières de fourmis clonales transportant des larves. Les fourmis sont marquées individuellement à l’aide de combinaisons uniques de points de couleur afin de permettre le suivi de leur comportement. LABORATORY OF SOCIAL EVOLUTION AND BEHAVIOR/ROCKEFELLER UNIVERSITY
La société des fourmis nous fascine. Son organisation, sa précision, son intelligence collective. L’une des questions les plus intrigantes est la division du travail dans le nid. Du soin aux larves à la quête de nourriture, du nettoyage de la fourmilière à la protection de l’entrée, qui fait quoi ? Comment ces rôles se répartissent-ils, comment évoluent-ils chez chaque individu ? Un article publié le 8 juillet dans la revue Nature éclaire les origines moléculaires de cette distribution, tandis qu’une autre étude, parue dans les Comptes-rendus de l’Académie des sciences américaine (PNAS), dévoile une conséquence inattendue de la transition entre les deux principales fonctions : les « nourrices » et les « fourragères ».
Passons rapidement sur les reines, véritables défis ambulants aux lois de la biologie et à la toute-puissance de la génétique. En effet, avec un génome identique à celui de leurs congénères, elles affichent une taille, un mode de vie, une longévité surtout, qui n’ont proprement rien à voir. Dix, vingt, parfois trente ans de durée de vie contre moins d’un an pour les ouvrières.








