Le musicien et compositeur français, disparu le 16 juillet à 92 ans, avait notamment improvisé avec le trompettiste américain la bande originale du film “Ascenseur pour l’échafaud”, de Louis Malle. Le pianiste français René Urtreger en concert à Paris en novembre 1981. Pjoto André Clergeat/Gamma-Rapho via Getty Images Par Télérama, avec AFP Publié le 18 juillet 2026 à 10h48 Le pianiste et compositeur René Urtreger, figure de la scène jazz française connue pour avoir enregistré avec Miles Davis la musique du film Ascenseur pour l’échafaud, est mort jeudi 16 juillet à 92 ans à Mortagne-au-Perche (Orne), a annoncé vendredi son fils Philippe, lui-même musicien professionnel, à l’Agence France-Presse René Urtreger, surnommé « le roi René », a fréquenté des jazzmen américains renommés comme Buck Clayton et Chet Baker au cours d’une carrière foisonnante lancée en 1953. Mais son parcours est surtout marqué par sa collaboration avec Miles Davis (1926-1991), qu’il rencontre à 22 ans et qu’il accompagne lors de tournées européennes. Il retrouve le trompettiste pour l’enregistrement, en une nuit, de la bande originale d’Ascenseur pour l’échafaud, réalisé par Louis Malle en 1958. Lui au piano, Barney Wilen au saxophone ténor, Pierre Michelot à la contrebasse et Kenny Clarke à la batterie jouent devant les images du long métrage, aux côtés d’un Miles Davis avare en indications. « Il n’y avait rien d’écrit, tout a été vraiment improvisé », racontait en 2009 à l’AFP René Urtreger, alors dernier survivant de ce quintet. « Pour moi, il y a deux sortes de musiciens, d’individus : ceux qui vomissent leur désespoir ou leur plaisir, qui s’étalent, et ceux qui ont une retenue, une politesse, capables de dégager une énorme sensibilité sans avoir besoin de se rouler par terre pour ça », confiait-il au sujet de la « grande classe » de Miles Davis. Né à Paris en juillet 1934, de parents juifs polonais, René Urtreger a connu une jeunesse marquée par la Seconde Guerre mondiale. En 1944, sa mère est arrêtée puis déportée à Auschwitz. Sa formation musicale se fait d’abord par la voie classique, au conservatoire. Mais en grandissant, son cœur choisit le jazz et sa virtuosité lui permet de se démarquer. Durant sa carrière, il s’autorise des écarts en cheminant du côté de la chanson française, autour de Claude François ou Serge Gainsbourg. Pourtant, le jazz reste sa boussole : avec le contrebassiste Pierre Michelot et le batteur Daniel Humair, il forme le trio HUM, dont le premier album en 1960 reçoit le prix Django Reinhardt, remis par l’Académie du jazz. René Urtreger a par ailleurs été récompensé par une Victoire du jazz (2000), une Victoire de la musique pour l’ensemble de son œuvre (2005) et a reçu la Légion d’honneur en 2010. Musique Disparition Jazz Le magazine en format numérique Lire le magazine Les plus lus