Il s’agit sans doute de l’œuvre de Miles Davis la plus connue du grand public : la musique originale du film de Louis Malle Ascenseur pour l’échafaud (1958). Ce son, ce climat si singulier distillé par le trompettiste et ses accompagnateurs, qui ont marqué l’époque, peut-être même plus que les images de Malle, malgré la performance de Jeanne Moreau. À l’occasion du 100e anniversaire de naissance de Miles, le Festival international de jazz de Montréal bonifie sa programmation cinématographique en présentant le film au Gesù le 2 juillet, avec le quintette du trompettiste Rémi Cormier, qui « imaginera » une nouvelle bande-son.« Ce sera une première pour tout le monde, le public d’abord, les musiciens et moi, puisque ce sera la première fois qu’on fera ça », créer en direct la trame sonore d’un film, souligne, réjoui, Rémi Cormier, qui réunira quasiment tous les musiciens ayant joué sur son dernier album, Rich State of Mind, paru en février dernier.Joli mandat, qui attirera autant les cinéphiles que les admirateurs de Miles, ce qui ne contraint surtout pas le quintette à refaire, note pour note, la musique originale. « Je pense que, si on faisait ça, Miles Davis se retournerait dans sa tombe ! dit Rémi Cormier. Le but, c’est de réinventer complètement la bande sonore, de l’improviser à nouveau, mais en s’inspirant des idées originales de Miles. J’ai pris quelques notes, juste pour avoir des points de repère, suivre les images et assurer les transitions, mais ce sera presque entièrement improvisé. On réinvente la trame sonore » devenue culte, 68 ans après la sortie du film.