Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Architecture Architecture Architecture Tribune Collectif Le projet de loi visant la relance et la décentralisation du logement propose de restreindre le périmètre des missions confiées aux architectes des bâtiments de France. Dans une tribune au « Monde », huit anciens ministres de la culture s’y opposent. Publié aujourd’hui à 14h30 Temps de Lecture 2 min. Article réservé aux abonnés Le 23 juillet 1962, devant l’Assemblée nationale pour défendre la loi sur les secteurs sauvegardés, André Malraux déclarait : « Dans notre civilisation, l’avenir ne s’oppose pas au passé, il le ressuscite. » Depuis plus de quatre-vingts ans, les services de l’Etat chargés de l’architecture et du patrimoine – où exercent les architectes des bâtiments de France (ABF) – veillent sur ce que la France a de plus difficile à réparer une fois perdu : la cohérence de ses paysages bâtis, la qualité de ses centres anciens et de leurs abords. Leur double mission : protéger le patrimoine et promouvoir la qualité architecturale, urbaine et paysagère de notre cadre de vie. On les accuse de freiner la construction ou la réhabilitation de logements. C’est un mauvais procès, fondé sur un faux débat. La plus grande réserve de logements de ce pays n’est pas dans les terres qu’il faudrait artificialiser : elle est dans le bâti ancien de nos centres-villes, souvent vacant ou dégradé, qu’il faut réhabiliter. Or, réhabiliter un immeuble ancien sans le dénaturer et en parvenant à concilier isolation thermique et façades protégées, c’est un métier – celui des architectes en général, et en particulier pour les espaces protégés celui des ABF. Affaiblir la position des ABF, ce serait se priver de ceux qui savent mettre en œuvre la seule politique du logement qui ne consomme pas un hectare de plus. Isoler sans dénaturer C’est pourquoi cette mission est aussi écologique. Face aux vagues de chaleur et aux impératifs de sobriété foncière, le bâti ancien n’est pas un obstacle à la transition, il en est le point d’appui : il s’agit d’isoler sans dénaturer, de réhabiliter plutôt que de démolir, de retrouver l’intelligence des matériaux, ou encore l’intérêt d’une persienne, de l’ombre, de la végétalisation et des cours. Le projet de loi visant la relance et la décentralisation du logement, qui organise sur le territoire des « périmètres de développement des logements », signe pourtant la fin du rôle décisif de l’ABF : son « accord », ou avis dit « conforme », nécessaire pour délivrer une autorisation d’urbanisme, devient un simple avis. Le maire, qui délivre cette autorisation, redevient seul décisionnaire de son propre projet d’aménagement. Il vous reste 44.7% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
« Le patrimoine ne peut être protégé que par des compétences de haut niveau » : d’anciens ministres défendent les architectes des bâtiments de France
TRIBUNE. Le projet de loi visant la relance et la décentralisation du logement propose de restreindre le périmètre des missions confiées aux architectes des bâtiments de France. Dans une tribune au « Monde », huit anciens ministres de la culture s’y opposent.






