Monde AmériquesDonald TrumpEtats-Unis. Six ans après avoir été battu par Joe Biden, le président américain a de nouveau crié à la fraude jeudi, et a accusé la Chine d'être derrière "la plus grosse opération de piratage de données électorales de l’Histoire".Par R.D. avec ReutersarticleLecture 4 MinPublié le 17/07/2026 à 06:40Donald Trump s'exprime depuis la Maison-Blanche lors d'une allocution télévisée sur une supposée fraude électorale en 2020, le 16 juillet 2026.via REUTERSN'ayant toujours pas digéré sa défaite contre Joe Biden en 2020, Donald Trump a prononcé jeudi 16 juillet une allocution sur la sécurité électorale lors de laquelle il a accusé la Chine d'ingérence dans les élections américaines, parlant de "la plus grosse opération de piratage de données électorales de l’Histoire".Le locataire de la Maison-Blanche a déclaré qu'il rendrait publics des documents des services de renseignement américains montrant que la Chine avait acquis de manière illicite des dossiers concernant 220 millions d'électeurs américains, dans lesquels se trouvaient notamment leurs noms, leurs adresses et d'autres données utilisées pour enregistrer les votes.Lors de son allocution, prononcée avant les élections de mi-mandat prévues en novembre, il a affirmé que des membres de la communauté du renseignement américain avaient délibérément supprimé des informations relatives à l'étendue des activités de la Chine. Ces déclarations viennent contredire une enquête menée par la communauté du renseignement américain rendue publique en 2021, qui disait n'avoir trouvé aucune preuve d'une ingérence étrangère lors de l'élection présidentielle de 2020."La Chine n'a jamais interféré, et n'interférera jamais, avec les élections présidentielles américaines", a dit un porte-parole de l'ambassade de Chine aux Etats-Unis avant l'allocution de Donald Trump."Vulnérabilités choquantes"Cela fait des années que ce dernier remet en question le résultat des élections, alors qu'il a affirmé de façon mensongère que l'élection présidentielle de 2020, perdue face à Joe Biden, lui avait été volée. "Nous ne pouvons plus jamais assister à une nouvelle élection volée", a-t-il encore lancé ce jeudi. Les enquêtes menées par diverses juridictions et les nouveaux décomptes effectués n'ont trouvé aucune preuve d'une fraude en 2020.Le président républicain a également dit qu'il rendrait publiques des données qui montreraient "les vulnérabilités choquantes de nos infrastructures électorales". La plupart des documents semblaient toutefois démontrer l'inverse ou n'étaient pas liés aux infrastructures électorales américaines. L'un des documents de la CIA rendus publics concernait les élections au Venezuela, pas aux Etats-Unis. Un autre document, diffusé par la CIA, détaille les efforts fournis par les espions de la Chine pour viser la campagne électorale de Joe Biden et souligne que Pékin "ne prévoit pas actuellement d'interférer secrètement pour influencer le résultat de l'élection".Projet de loiDurant son allocution de 25 minutes diffusée en "prime time", Donald Trump a exhorté les républicains du Congrès à adopter une loi imposant de nouvelles exigences en matière d'identification des électeurs et de citoyenneté. Cette loi, baptisée "SAVE America Act", imposerait la présentation d'une pièce d'identité avec photo pour voter et d'un justificatif de citoyenneté américaine pour s'inscrire sur les listes électorales. Selon le texte, les Etats américains devraient également communiquer les informations relatives à l'inscription des électeurs au gouvernement fédéral.Les républicains font face à des vents contraires à l'approche des élections de mi-mandat, alors que la cote de popularité de Donald Trump est au plus bas et que les électeurs sont profondément frustrés par la guerre contre l'Iran et la flambée des prix de l'énergie qui en découle. Les démocrates n'ont besoin de remporter que trois sièges pour obtenir la majorité à la Chambre des représentants. Ils doivent toutefois mener un combat difficile pour s'emparer de la majorité au Sénat, des scrutins décisifs se déroulant dans des Etats à tendance républicaine.Compte tenu du caractère controversé des annonces attendues, trois grandes chaînes de télévision américaines, ABC News, NBC News et CNN ont décidé de ne pas retransmettre l'allocution de Donald Trump sur leurs plateformes principales. Le président américain a déclaré que les chaînes qui ne diffusaient pas son discours faisaient partie d'un "complot" et qu'elles devraient voir leurs licences de diffusion être révoquées.