Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Budget 2026 Budget 2026 Budget 2026 Tribune Olivier Blanchard économiste L’ancien économiste en chef du Fonds monétaire international estime, dans une tribune au « Monde », que la France doit réformer en profondeur la manière dont elle définit son budget. Il propose six principes pour qu’elle modernise ses méthodes. Publié aujourd’hui à 06h00 Temps de Lecture 6 min. Article réservé aux abonnés S’il restait le moindre doute, le spectacle déplorable qui a conduit à l’adoption du budget de 2026 devrait convaincre tout le monde que notre processus budgétaire doit être réformé en profondeur. Le sujet devrait figurer en bonne place dans l’agenda du gouvernement et des candidats à l’élection présidentielle de 2027. En s’inspirant de ce qui se fait ailleurs dans le monde, cette réforme doit reposer sur six principes. Premièrement, il faut un budget pluriannuel. Un programme détaillé doit être présenté pour les quatre à sept ans à venir, et non pour la seule année suivante. Aujourd’hui, tout se concentre sur l’année qui vient, et les prévisions au-delà ne sont qu’une formalité. Le résultat est sans surprise : en période de difficultés, on choisit les mesures les moins impopulaires et l’on remet à plus tard les décisions difficiles, mais nécessaires. Le budget de l’année à venir doit certes rester le plus détaillé possible. Pour autant, le reste de l’exercice doit être pris au sérieux. Deuxièmement, il est nécessaire de disposer d’un outil pour mesurer les risques. L’élaboration et la discussion du budget doivent s’appuyer sur un outil que les économistes désignent par un sigle barbare – ASSD, pour « analyse stochastique de soutenabilité de la dette » –, mais dont l’idée est simple : projeter l’évolution probable de la dette sur les années à venir, en tenant compte des incertitudes. Cela n’est ni nouveau ni exotique : de nombreux pays l’utilisent déjà, sous une forme ou une autre. Un tel outil permet de mesurer l’effet de dispositions immédiates (par exemple, une moindre indexation des retraites) ou futures (le gel de certaines dépenses pendant quelques années). Il offre la possibilité d’examiner différents scénarios : que se passe-t-il en cas de récession ou d’inflation plus forte ? Surtout, il ne fournit pas un seul chiffre, mais un éventail de trajectoires possibles. Il dit non seulement où la dette ira probablement, mais aussi ce qui peut mal tourner, avec quelle probabilité, et ce qu’il faudrait faire dans une telle éventualité. Il vous reste 79.66% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.