Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Procès des assistants FN au Parlement européen Procès des assistants FN au Parlement européen Procès des assistants FN au Parlement européen Tribune Eric Halphen Magistrat honoraire Les dirigeants politiques jugés pour détournement de biens publics ou prise illégale d’intérêts ont tendance à considérer l’inéligibilité comme la seule réelle sanction parmi l’éventail des peines qu’ils encourent, soutient Eric Halphen, magistrat honoraire, dans une tribune au « Monde ». Publié aujourd’hui à 05h00 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés Dans une tribune publiée par Le Monde le 9 juillet, le professeur de droit public Olivier Beaud relève que l’arrêt du 7 juillet ayant condamné Marine Le Pen « donne un peu l’impression que les magistrats de la cour d’appel se sont soudainement rappelé qu’il ne faisait pas bon juger les dirigeants politiques ». Il estime qu’il faudrait dès lors se livrer « à une réflexion d’ampleur sur la question de l’inéligibilité », se demandant si cette question ne constitue pas « un fardeau trop lourd à porter » pour les juges. Certes, fardeau en l’occurrence il y avait. Depuis plusieurs semaines, journalistes et réseaux sociaux anticipaient cette décision, supputant son impact sur l’avenir électoral de notre pays. Culpabilité, bracelet électronique, inéligibilité… tout était disséqué. Quoi que les juges décident, ils encouraient les critiques. Comme disent nos amis anglais, damned if you do, damned if you don’t [« quoi qu’on fasse, on a toujours tort »]. La charge est donc lourde. Mais les magistrats, habitués aux reproches quasi permanents, sont à présent tout à fait capables de la supporter. Comme le rappelle Olivier Beaud, « pendant longtemps, les magistrats français n’ont pas aimé juger les hommes politiques ». Les procureurs de la République, alors sous contrôle revendiqué du garde des sceaux, et soucieux par ailleurs de garder de bons contacts avec les élus locaux influents, rechignaient à ouvrir des enquêtes propres à créer des vagues qui n’ont jamais été leurs amies. Les juges du siège, quant à eux, avaient tendance à placer tout au bas de la pile les dossiers comportant des noms synonymes de difficultés à venir. Les policiers préféraient s’occuper des délinquants de droit commun, moins dangereux pour leur carrière, si ce n’est pour leur vie. Et puis est venue l’époque des « affaires politico-judiciaires ». Grâce à l’alternance politique, aux lois de décentralisation et aux cohabitations, des pratiques datant de l’après-guerre ont été mises au jour. Quelques hommes politiques et plusieurs patrons ont dormi en prison, au point que ceux qu’on a appelés « les petits juges » ont été accusés de mener un combat contre les politiques. A tort : ils ne menaient pas un combat, ils se contentaient de traquer les opérations malhonnêtes et de tenter de rendre une même justice pour tous. Il vous reste 60.1% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.