Une majorité d’utilisateurs de Facebook et d’Instagram ne savent toujours pas que les médias d’information ne peuvent plus publier de nouvelles sur ces plateformes, près de trois ans après l’instauration du blocage par Meta, montre un récent rapport. La mésinformation ne s’est pas pour autant généralisée sur ces réseaux sociaux, nuancent des experts.La Loi sur les nouvelles en ligne, adoptée en juin 2023, stipule que les géants du Web versent des compensations financières pour les contenus d’actualité publiés par les médias canadiens sur ses plateformes. En réponse à la loi, Meta a choisi de restreindre les contenus des médias canadiens sur Facebook et Instagram.Or, selon un rapport publié à la fin juin par l’Observatoire sur l’écosystème médiatique (OEM) de l’Université McGill, seuls 41 % des utilisateurs de Facebook et 26 % des utilisateurs d’Instagram savent que les médias d’information ne sont plus en mesure de diffuser du contenu sur ces plateformes. Le document se base sur les réponses fournies par 1518 répondants en ligne dans un sondage national.L’attention limitée portée à l’actualité et une perception élargie des nouvelles pourraient être à l’origine de la confusion sur le blocage, selon le rapport de l’OEM.En pratique, la mise en œuvre du blocage par Meta a été inégale, explique au Devoir Aengus Bridgman, directeur de l’OEM et professeur adjoint à l’École de politiques publiques Max Bell de l’Université McGill. Certains médias, par exemple ceux liés à l’actualité sportive, n’ont pas été ciblés par Meta et demeurent accessibles sur ses plateformes. D’autres médias ont enfin adopté des stratégies de contournement, comme la création de nouveaux comptes.Chez les utilisateurs, des messages privés et des captures d’écran d’articles permettent toujours la circulation informelle des contenus d’actualité, ce qui pourrait aussi expliquer la méconnaissance du blocage par plusieurs Canadiens, indique le rapport de l’OEM.Un déclin du niveau d’information ?Reste qu’il est difficile d’établir si les gens s’informent mieux ou moins bien qu’auparavant.Parmi les utilisateurs de Facebook et d’Instagram au courant de la décision de Meta, 45 % disent avoir commencé à consulter directement les sites d’actualités, tandis que 22 % n’ont pas changé leurs habitudes médiatiques à la suite du blocage des nouvelles sur ces plateformes, selon les données de l’OEM.Les effets du blocage pourraient néanmoins être plus importants chez les personnes qui ne sont pas au courant de celui-ci.Les fils d’actualité de Facebook et d’Instagram pouvaient constituer, auparavant, des voies d’accès à l’information pour des individus qui ne la cherchaient pas activement, estime Alexandre Coutant, professeur au Département de communication sociale et publique de l’UQAM. « On leur enlève un espace où des médias apparaissent beaucoup par des discussions, par des connexions et par les choix des algorithmes », explique-t-il.Selon un autre rapport de l’OEM, publié en 2024, une réduction de 11 millions de vues chaque jour pour les nouvelles publiées sur Facebook et Instagram était due au blocage. Cette estimation demeure toujours pertinente aujourd’hui, confirme au Devoir Aengus Bridgman, même si, depuis, la manière de consommer l’actualité a fortement évolué, surtout depuis le blocage.
Une majorité de Canadiens ignorent toujours le blocage des nouvelles par Meta
La mésinformation ne remplace pas systématiquement les médias canadiens sur Facebook et Instagram, notent des experts.








