Pour la première fois depuis que l’Institut Reuters analyse la consommation d’information — soit depuis 2012 à l’international et depuis 2016 au Canada — les médias sociaux sont passés devant la télévision comme source d’information sur l’actualité utilisée par le plus grand nombre de répondants.Cette arrivée des médias sociaux au sommet des sources d’information survient malgré le blocage des contenus d’information sur Facebook et Instagram.La dernière livraison du Digital News Report (DNR) de l’Institut Reuters, dont La Presse canadienne a obtenu copie, nous apprend ainsi qu’au Canada, 53 % des répondants ont utilisé les médias sociaux pour s’informer dans la semaine précédant le sondage, une hausse de 9 points de pourcentage, alors que 49 % se sont tournés vers la télévision, un recul de 4 points de pourcentage, et 48 % vers les sites ou applications de nouvelles.Cependant, même si la consultation des médias sociaux a augmenté chez les francophones (48 %), ils n’ont pas réussi à supplanter la télévision (55 %) ni les sites ou applications d’information (50 %) comme ils ont réussi à le faire du côté des anglophones.

La confiance continue de s’éroderCes données doivent être nuancées par la notion de « principale source d’information », celle-ci étant toujours la télévision pour 36 % des répondants, mais les médias sociaux ont fait un bond de 10 points de pourcentage par rapport à 2025 pour venir, à 33 %, s’installer tout juste derrière la télévision.Le niveau de confiance envers « la plupart des nouvelles la plupart du temps » poursuit sa lente érosion, atteignant son plus faible résultat jusqu’ici, à 37 %, en recul de deux points de pourcentage par rapport à l’an dernier. Là aussi, l’écart entre francophones et anglophones est constant, alors que 44 % des francophones disent faire confiance à la plupart des nouvelles la plupart du temps, comparativement à seulement 35 % des anglophones. Il s’agit toutefois des niveaux les plus bas jamais enregistrés chez les deux groupes linguistiques.Les francophones demeurent d’ailleurs plus portés à juger positivement que négativement la couverture médiatique au pays. Ces données varient selon les sujets que l’on a proposés aux répondants et c’est la couverture des questions d’immigration qui est la moins bien vue par les répondants dans leur ensemble.Préférence pour les sources neutresUne constante demeure, par ailleurs, soit que les Canadiens en général préfèrent recevoir des nouvelles de sources neutres, c’est-à-dire qui n’affichent pas un point de vue en particulier. Cependant, les personnes qui s’identifient à la droite perçoivent plutôt négativement la couverture journalistique de l’ensemble des sujets sur lesquels on les a sondés, alors que celles qui se disent de gauche n’ont une perception négative majoritaire que sur la couverture d’un seul de ces sujets, soit les questions climatiques.Les diffuseurs publics (CBC et Radio-Canada) trouveront un certain réconfort dans le fait que 40 % des répondants estiment que les nouvelles qu’ils diffusent ont un effet positif sur la vie au pays et 34 % croient qu’elles n’ont ni un effet positif, ni un effet négatif. En fait, seulement 19 % des répondants ont dit y voir un effet négatif. La perception positive est particulièrement forte (63 %) chez les gens se disant de la gauche et plutôt négative (42 %) chez ceux se disant de droits, dont seulement 33 % y voient un effet positif.