Assis en cercle pour discuter avec Le Devoir dans la cour de leur auberge, les élèves des conservatoires d’art dramatique de Québec et de Montréal laissent échapper un peu de fébrilité. Il y a de quoi : dans quelques heures à peine, ils joueront pour la première fois de leur vie au Festival d’Avignon, le plus grand rendez-vous du théâtre francophone au monde.C’est toute une première : depuis le début de leur cursus, les étudiants des deux conservatoires n’ont même pas le droit de jouer de manière professionnelle au Québec, sauf à l’intérieur des murs de leur conservatoire. « C’est pour des raisons pédagogiques, pour qu’ils se consacrent à 100 % à leur cursus », indique Jonathan Gagnon, le directeur du Conservatoire d’art dramatique de Québec.Mais il y a trois ans, la direction du Conservatoire d’art dramatique de Montréal a eu l’idée de « jouer » avec cette règle en organisant un voyage scolaire au Festival d’Avignon. « Pour les élèves, c’est extrêmement formateur », explique M. Gagnon, dont l’établissement s’est ajouté au projet cette année. « C’est la première fois qu’ils ont l’occasion de jouer plusieurs fois une même pièce devant un public, et de la roder en fonction des réactions », souligne le comédien.Les étudiants jouent chaque jour pendant trois semaines, à l’exception de quelques jours de relâche. « Moi, en 20 ans, je n’avais encore jamais eu l’occasion de me produire à Avignon, c’est un peu un rêve », confie Jonathan Gagnon.AbondanceArrivés il y a deux jours dans la « cité papale », les jeunes n’en croient toujours pas leurs yeux. « Nos professeurs nous en ont tellement parlé… C’est tellement énorme, il y a tellement de public, tellement de pièces à voir, tellement de genres différents à découvrir », dit avec émerveillement Frédérique Laplante, du Conservatoire de Montréal. « Il n’y a rien qui s’approche de ça au Québec, même de loin », affirme la directrice de l’établissement, Catherine Richer.