Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Livres Livres Livres Romans francophones Romans francophones Romans francophones La descente aux enfers de la dépendance au GHB et au sexe d’un jeune poète, vue à travers les écrits qu’il a laissés et le témoignage de ses proches. Article réservé aux abonnés « Mille millilitres de Ganymède ou Les cinq ou six trous du monde : une histoire d’addiction et d’homosexualité », de Philippe Savet, Le Nouvel Attila, 272 p., 19 €, numérique 14 €. Sous le lit de Ganymède, ce sont 1 000 millilitres d’une solution limpide qui ont été retrouvés. La substance se nomme familièrement par son initiale : du « G ». « G » pour Ganymède, « G » pour GHB, ou acide gamma-hydroxybutyrique, puissant anesthésiant principalement connu pour être la « drogue du violeur ». Peu de doutes subsistent quant à la victime : Ganymède lui-même. A la sortie d’une soirée « hole inclusive », le jeune homme a mystérieusement disparu. Mille millilitres de Ganymède, le premier roman de Philippe Savet, est une enquête tragique et douloureuse aux allures de mythe moderne. A la recherche d’éléments pour expliquer cette disparition soudaine, Callisto, la sœur de Ganymède, se plonge dans les affaires personnelles de son frère, ses lettres et ses poèmes. Le terrible destin du jeune homme se confirme sans se vérifier totalement : Philippe Savet laisse entrevoir l’horreur d’une chute libre, dans laquelle la drogue joue un rôle central, tout autant que l’amour et, paradoxalement, que l’écriture. Elliptique et crue, la poésie de Ganymède est à l’image de ses souvenirs de soirées sous emprise du GHB, nuits de déambulations, d’absences et d’abandon total. A ce niveau d’autosoumission chimique, les clubs queer, pourtant pensés comme des espaces d’émancipation et de liberté sexuelle, sont pour Ganymède une « boîte qui s’ouvre et se referme, et dans laquelle [il est] trop petit pour décider quand [il peut] en sortir ou non ». Inapte au consentement, il ne refuse rien, et passe du plaisir à la douleur. Son corps est une carcasse sur laquelle fondent des vautours, et ses poèmes se lisent dans une angoisse continue. L’addiction, elle, s’intensifie. Car un mal plus profond le tourmente : l’amour déçu d’un certain Jupiter. Le faux-semblant d’une ascension Il vous reste 45.43% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
« Mille millilitres de Ganymède », premier roman de Philippe Savet, se lit comme une sombre érotique de la soumission chimique
La descente aux enfers de la dépendance au GHB et au sexe d’un jeune poète, vue à travers les écrits qu’il a laissés et le témoignage de ses proches.







