Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Livres Livres Livres Romans étrangers Romans étrangers Romans étrangers Signé d’un jeune auteur grec, Evariste Pimplis, ce premier roman raconte les rapports compliqués d’un jeune gay et d’un viriliste brutal, à l’horizon 2032. Article réservé aux abonnés « Par-delà le consentement » (Péra apo ti synainesi), d’Evariste Pimplis, traduit du grec par l’auteur, Au hasard, 176 p., 19,50 €, numérique 13 €. Bien que son titre évoque plutôt celui d’un essai, Par-delà le consentement est le premier roman d’Evariste Pimplis, né à Athènes en 1999. Un roman d’idées, dystopique sur la fin, qui revient sur une question on ne peut plus actuelle : que veut vraiment dire consentir dans le cadre d’une relation charnelle ? A quel point s’est-on écarté du sens premier, étymologique de ce verbe – qui ne signifie pas seulement acquiescer, mais « sentir avec l’autre », dans un élan de perceptions partagées ? Lorsque le livre commence, nous sommes après #MeToo et cheminons vers 2032. Evariste Pimplis installe face à face deux hommes que tout oppose. D’un côté, Emile, un jeune gay qui, dans son enfance, a subi en silence le mépris, l’agressivité et les moqueries de « la meute des mecs pseudo-virils de [s]a classe ». De l’autre Enzo, dont le père s’était donné pour mission de faire de son fils « un homme, un vrai », capable « de ne pas afficher ses émotions, de savoir se battre et d’être le meilleur ». Adolescent, Enzo a fait sienne la maxime de Frank Underwood, le personnage de la série américaine House of Cards (2013-2018) : « Tout dans la vie est affaire de sexe, sauf le sexe qui est affaire de pouvoir. » L’intrigue se noue avec la rencontre des deux hommes. Enzo vit très mal, après #MeToo, le fait de s’être vu « confisquer » ce pouvoir. Il veut le reconquérir, ailleurs. « Il fallait bien que quelqu’un consente à ce que ce pouvoir s’exerce sur lui », pense-t-il. Contre toute attente, ce quelqu’un sera Emile. Tout l’intérêt du roman consiste à fouiller l’ambivalence d’un être qui sait que la virilité incarnée par Enzo n’est pas faite pour lui, mais qui, courageusement, s’avoue à lui-même : « A l’instant où je cesse de la revendiquer pour moi-même, cette masculinité m’attire chez les autres. Les hommes brutaux, agressifs, violents, musclés m’obsèdent. » Puis, poursuivant son monologue : « Cette attirance me perturbe, car elle ne concerne que ma sexualité intime. Pour ce qui est du monde social, je m’oppose à la domination de ces hommes. » Il vous reste 38.91% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.