Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Livres Livres Livres Essais période contemporaine Essais période contemporaine Essais période contemporaine Un livre utile qui résume et clarifie un champ de l’histoire en plein renouvellement. Article réservé aux abonnés « Histoires et colonisations. Des récits de la conquête aux héritages postcoloniaux », d’Emmanuelle Saada, Gallimard, « Bibliothèque des histoires », 480 p., 25 €, numérique 18 €. L’histoire des colonisations est devenue débordante. Au sens scientifique d’abord : elle connaît tant de renouvellements, sur tous les continents et pour des aspects si variés, qu’il devient difficile, même pour des savants, de suivre le rythme des parutions. Et au sens politique, évidemment, puisqu’elle ne cesse d’être invoquée avec plus ou moins de justesse à l’appui de positions controversées, d’injonctions mémorielles ou d’antagonismes internationaux, comme entre la France et l’Algérie. Résumer et clarifier ce champ historiographique constitue donc un considérable défi, que la chercheuse Emmanuelle Saada relève dans Histoires et colonisations, sans dissimuler la difficulté de l’entreprise. Pour y faire face, l’ouvrage présente trois grandes qualités : d’abord, l’étendue de ses lectures, qui permet une maîtrise remarquable des débats animant la discipline. Ensuite, la clarté de son architecture intellectuelle : c’est, de part en part, une histoire du pouvoir qui est présentée. Pouvoir sur les territoires, bien entendu, mais aussi sur les individus à travers le droit et la violence, sur les mots et les cartes disant le fait colonial au profit des empires, et jusque sur les corps et les environnements. Un plan d’une grande netteté guide ainsi le lecteur, de verbe en verbe, de « découvrir » à « dominer », et de « gouverner » à « décoloniser » en passant par « exploiter », où se déploient toutes les discussions sur les rapports entre colonialisme et capitalisme. Il vous reste 54.6% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.