Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Histoire Histoire Histoire Dans un énergique pamphlet, le politiste démontre que le système colonial déployé par la France en Algérie est une préfiguration d’Auschwitz. L’auteur se livre toutefois à des raccourcis lorsqu’il dresse des proximités idéologiques entre le colonialisme et le nazisme. Article réservé aux abonnés Livre. C’était il y a un peu plus d’un an. Une énième polémique mémorielle française, attisée par l’extrême droite et une bonne partie de la droite, avait conduit le journaliste et chroniqueur Jean-Michel Aphatie à quitter RTL, à la suite de sa suspension d’antenne pendant une semaine pour avoir déclaré : « Chaque année, en France, on commémore ce qui s’est passé à Oradour-sur-Glane, c’est-à-dire le massacre de tout un village. Mais on en a fait des centaines, nous, en Algérie. Est-ce qu’on en a conscience ? » Assimiler la conquête et l’occupation coloniale de la France en Algérie au nazisme ? « Une comparaison que la direction de RTL considère comme inappropriée et qui a choqué beaucoup d’entre vous », s’était excusé l’animateur Thomas Sotto au nom de la radio. Ainsi, le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, avait fustigé « une odieuse falsification de l’histoire et une insulte à tous les rapatriés d’Algérie ». Son allié Eric Ciotti avait reproché à M. Aphatie d’endosser « le rôle d’un prédicateur algérien ». Le politiste Olivier Le Cour Grandmaison, spécialiste de la Révolution française et de l’histoire coloniale, a décidé d’y revenir dans un court ouvrage paru en novembre 2025 intitulé Oradour coloniaux français. Contre le « roman national » (Les Liens qui libèrent, 224 pages, 15 euros). Universitaire, il ne masque pas son engagement du côté de la gauche radicale et résolument anticoloniale. Déjà auteur de Coloniser, exterminer. Sur la guerre et l’Etat colonial (Fayard, 2005), et de La République impériale : politique et racisme d’Etat (Fayard, 2009), il répète ici son credo : le système colonial est une préfiguration d’Auschwitz, du génocide des juifs et du IIIᵉ Reich. Raccourci frappant C’est un raccourci frappant et qui a été déjà fait par le passé, notamment par certains témoins de l’époque, que l’auteur cite abondamment, comme après les massacres de Sétif, en mai 1945, ou lors de la guerre d’indépendance (1954-1962) avec l’usage de la torture. Olivier Le Cour Grandmaison cite le fondateur et directeur du Monde, Hubert Beuve-Méry, qui écrivait, le 13 mars 1957 : « Les Français (…) n’ont plus tout à fait le droit de condamner dans les mêmes termes qu’il y a dix ans les destructions d’Oradour et les tortionnaires de la Gestapo. » On remarquera au passage que le style du journaliste est plus prudent et moins catégorique que celui de l’universitaire. Il vous reste 31.77% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Le politologue Olivier Le Cour Grandmaison dénonce « les Oradour coloniaux français » en Algérie
Dans un énergique pamphlet, le politiste démontre que le système colonial déployé par la France en Algérie est une préfiguration d’Auschwitz. L’auteur se livre toutefois à des raccourcis lorsqu’il dresse des proximités idéologiques entre le colonialisme et le nazisme.









