Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Coupe du monde 2026 Coupe du monde 2026 Coupe du monde 2026 Tribune Jean-Marc Germain Député européen Pour débloquer la situation budgétaire de l’Union européenne, l’eurodéputé Jean-Marc Germain défend, dans une tribune au « Monde », la mise en place d’une taxe sur les recettes des grands opérateurs de jeux d’argent et de paris en ligne. Publié aujourd’hui à 12h00 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés Les premiers matchs disputés par l’équipe de France au Mondial 2026 ont suscité une ferveur populaire dont seule la Coupe du monde de football a la recette. Dans les bars, sur les places et devant les écrans installés en plein air, nous espérons toutes et tous que cette communion se prolongera jusqu’au bout. Néanmoins, cet engouement a aussi son revers, plus discret. Pour la première fois, le cap symbolique du milliard d’euros de paris sportifs en France sera franchi, contre plus de 900 millions lors de l’édition 2022, au Qatar. Selon l’Autorité nationale des jeux (ANJ), 1,2 milliard d’euros devraient être engagés par les parieurs français au cours du tournoi. Près de 41 % d’entre eux déclaraient d’ailleurs vouloir miser pendant la compétition, soit cinq points de plus qu’il y a quatre ans. Ultime signe de cette emprise, le géant Betclic sponsorise désormais l’équipe de France. Après plus d’une décennie d’expansion, les jeux d’argent en ligne ont généré 47,9 milliards d’euros de produit brut à l’échelle européenne, en 2024. Le secteur, de plus en plus numérisé et transfrontalier, tire pleinement parti du marché unique. Pourtant, les régimes fiscaux qui s’y appliquent restent propres à chaque Etat membre, et les niveaux d’imposition varient considérablement de l’un à l’autre. Cette disparité crée des distorsions : les opérateurs s’implantent là où la fiscalité est la plus faible, et vendent leurs services dans toute l’Union européenne (UE). Derrière la liesse du Mondial, il y a donc des liasses qui échappent à l’impôt. Dès lors, une intervention sur le plan européen apparaît nécessaire. Marchandages Cependant, l’activité pose aussi un problème de société, en favorisant des comportements addictifs qui frappent d’abord les plus jeunes et les plus vulnérables. L’ANJ recense 600 000 joueurs excessifs sur le territoire français, c’est-à-dire présentant des comportements de jeu pathologiques, et 64 % des parieurs ont aujourd’hui entre 18 et 34 ans. Il paraît donc indispensable de taxer ce secteur, tant pour des raisons de justice fiscale que pour endiguer ces dérives. Cette mesure se présente, en outre, comme une occasion à saisir : elle permettrait à l’UE de sortir de l’impasse budgétaire actuelle qui menace sa capacité d’agir, dans une époque ébranlée par les crises. Il vous reste 60.7% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.