Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Banques / Finance / Assurance Banques / Finance / Assurance Banques / Finance / Assurance Tribune Ydriss Ziane Maître de conférences à l’IAE Paris-Sorbonne Tandis que la Coupe du monde de football en juin risque d’entraîner un nouveau record de paris en ligne, l’universitaire Ydriss Ziane, spécialiste des questions financières, rappelle, dans une tribune au « Monde », que le recours aux minicrédits et l’addiction aux paris sportifs forment « une drogue dure » accessible à tous. Publié aujourd’hui à 14h00 Temps de Lecture 4 min. Article réservé aux abonnés A la suite des tensions géopolitiques et du blocage du détroit d’Ormuz, les Français s’apprêtent à faire face à une nouvelle vague inflationniste d’ampleur préoccupante. Après des pics déjà spectaculaires en 2022 et 2023, les prix à la consommation ont fortement accéléré au mois d’avril (+ 2,2 %) puis en mai (+ 2,4 %) et la confiance des ménages s’est nettement dégradée (− 9 points entre février et mai). Dans un contexte budgétaire très compliqué et un gouvernement aux marges financières extrêmement limitées, cette situation pourrait largement amplifier le mouvement de paupérisation des ménages financièrement fragiles, amorcé depuis la crise liée la pandémie de Covid-19 et le choc sur les prix qui a suivi. En 2023, le taux de pauvreté a franchi la barre des 15 % en France, un record historique. Sur le front du surendettement, les chiffres sont d’une ampleur aussi très préoccupante : le nombre de dossiers déposés auprès de la Banque de France a bondi de 7,5 % en 2023, 10,8 % en 2024 et 9,8 % en 2025. Entre janvier et avril, les hausses sont encore plus marquées (+ 13,3 % par rapport à 2025) et témoignent d’une réelle inversion de tendance structurelle depuis la crise sanitaire. Avec du recul, cette dernière a profondément bouleversé les équilibres économiques et les habitudes de consommation de nombreux ménages, particulièrement les plus fragiles et les jeunes. Il faut agir vite et fort pour les protéger. Deux phénomènes particulièrement alarmants expliquent notamment cette flambée de surendettement : le recours massif aux minicrédits et la forte addiction aux jeux d’argent et de hasard. Dans une large mesure, les populations fragiles ont d’abord subi un surendettement passif, c’est-à-dire un déséquilibre majeur de leur budget à la suite de hausses répétées de leurs dépenses et charges courantes, sans que les salaires suivent. Mécaniquement, ces ménages déjà sur la corde raide en temps normal se sont retrouvés asphyxiés par l’inflation et à découvert de plus en plus tôt dans le mois. Les confinements ont également induit de nouvelles habitudes de consommation avec des abonnements aux plateformes toujours plus nombreux et coûteux et une dépendance aux écrans, aux clics et aux contenus publicitaires loin d’être anodine. Il vous reste 64.86% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Minicrédits et jeux d’argent : « Il faut agir vite et fort pour protéger les jeunes et les plus fragiles »
TRIBUNE. Tandis que la Coupe du monde de football en juin risque d’entraîner un nouveau record de paris en ligne, l’universitaire Ydriss Ziane, spécialiste des questions financières, rappelle, dans une tribune au « Monde », que le recours aux minicrédits et l’addiction aux paris sportifs forment « une drogue dure » accessible à tous.











