Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Politique Politique Politique Le problème du non-recours aux prestations sociales vient à nouveau d’être mis en lumière dans une note diffusée, mercredi, par la direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees). Article réservé aux abonnés L’ordre de grandeur est impressionnant. Environ un foyer sur deux ayant droit à la prime d’activité ne la réclame pas, selon une note diffusée, mercredi 8 juillet, par la direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) – un service interministériel spécialisé sur les questions sociales et sanitaires. Est à nouveau mis en évidence le phénomène du « non-recours » qui pénalise particulièrement les publics les plus fragiles. Les associations de lutte contre l’exclusion, qui dénoncent, depuis des années, la persistance du problème, viennent, pour la énième fois, d’exhorter le gouvernement à s’y attaquer, dans un contexte où la pauvreté se maintient à des niveaux élevés. La prime d’activité vise à soutenir le pouvoir d’achat des travailleurs les plus modestes, tout en incitant les individus à reprendre ou à conserver un emploi – voire à y consacrer plus de temps. Elle cible les ménages composés d’au moins une personne en activité, « rémunérée jusqu’à 1,5 smic », comme le rappelle la Drees. Pour la percevoir, ceux qui y sont éligibles doivent accomplir des démarches – auprès d’une caisse d’allocations familiales (CAF) ou du réseau de la Mutualité sociale agricole (MSA) : dans le jargon de l’Etat-providence, on dit que c’est une prestation « quérable ». 500 000 ménages concernés L’enquête publiée mercredi s’appuie sur les données du dernier trimestre 2021. Sur l’ensemble des foyers ayant alors droit à la prime d’activité (et vivant en métropole), quelque 3,4 millions d’entre eux ne la touchaient pas, soit un « taux de non-recours » estimé dans une fourchette comprise entre 48 % et 52 %. Ces pourcentages s’avèrent supérieurs à ceux qui sont calculés pour le revenu de solidarité active (RSA) : de 33 % à 37 % des foyers éligibles à ce minimum social ne le perçoivent pas, selon la Drees. Une telle situation est loin d’être anodine car elle prive des catégories fragiles d’une source de revenus qui pourrait améliorer leur sort. Ainsi, 500 000 ménages pauvres « verraient leur niveau de vie augmenter, en moyenne de 130 euros par mois » s’il n’y avait pas de non-recours sur la prime d’activité. Parallèlement, le taux de pauvreté – c’est-à-dire la proportion de personnes sous le seuil de pauvreté – baisserait de 0,5 point ; pour mémoire, il était de 14,5 % en 2021, sachant que le seuil de pauvreté se montait, à l’époque, à 1 304 euros par mois. Enfin, complète la Drees, si « l’ensemble des droits » à la prime d’activité et au RSA étaient « effectivement perçus », le taux de pauvreté diminuerait de 0,7 point. Il vous reste 35.97% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.