Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Le Goût du Monde Le Goût du Monde Le Goût du Monde La nouvelle d'Aude Walker La nouvelle d'Aude Walker La nouvelle d'Aude Walker Chaque vendredi, la romancière Aude Walker imagine une fiction à partir d’une œuvre photographique. Cette semaine, un cliché d’Angel Castellanos. Article réservé aux abonnés Tout ce qui a été vécu pour arriver là, à cette seconde de repos et de sommeil à l’ombre sur la plage, elle n’ose pas même y plonger l’ongle de son petit doigt de pied. Arrimée qu’elle est à cette seconde où il semble enfin possible de fermer les yeux sans la peur que les ténèbres vous aspirent, tandis qu’on se colle les uns aux autres, ensevelis dans cette plénitude molle réservée aux familles toutes neuves, juste après l’arrivée du premier enfant. Tous les trois ; un homme, une femme et un nourrisson fille, allongés sur une serviette dans le sable de la plage de Leblon, suffisamment confiants pour tourner le dos au ciel et ne contempler qu’eux. Et pourtant, eux deux dorment, elle non. Elle devrait dormir. La planète lui répète en boucle, les premiers temps, il faut dormir, pas un jour ne passe sans qu’on lui recommande de dormir dès qu’elle peut, quand l’enfant dort, pour récupérer de l’accouchement et du reste. Le reste que plus personne n’ose nommer et aborder, cet îlot aveugle fait de bébés morts, de litres de larmes et de promesses intenables qu’on laisse dériver au large en priant pour que le vent ne tourne pas. Il vous reste 73.01% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.