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RécitSon nom a été oublié. Le journaliste Bernard Lazare a mené un combat acharné pour défendre le capitaine Dreyfus et dénoncer l’antisémitisme qui présida à sa condamnation. Un monument érigé à Nîmes rend justice à ce précurseur, dont un article pamphlétaire inspira à Emile Zola sa fameuse formule. Le 12 juillet se tiendra la première journée nationale de la réhabilitation de l’officier juif.

A Nîmes, son effigie trône désormais fièrement à l’entrée des jardins de la Fontaine, au cœur de la cité gardoise. Le bloc de 6 mètres de haut, façonné en pierre de Lens, est d’une blancheur éclatante. Le visage rond et la large moustache de Bernard Lazare, surplombant une figure féminine – allégorie de la Vérité – ont retrouvé leur place, fin 2025. Quatre-vingt-trois ans après sa destruction par le régime de Vichy, le monument a été reconstruit à l’identique, grâce à la mobilisation du collectif Histoire et mémoire.

L’association locale de loi 1901 à l’origine du projet a réussi à redonner vie, dans l’espace public, à une figure tombée dans l’oubli. Celle d’un homme qui a pourtant été un rouage essentiel dans la défense d’Alfred Dreyfus, jusqu’à être surnommé « le premier des dreyfusards ». « Il fallait réparer cette injustice et rappeler qu’il incarne les valeurs de la République », soutient David Storper, président du collectif. L’occasion de se souvenir de lui, alors que la France célébrera le 12 juillet, sur une décision d’Emmanuel Macron prise il y a tout juste un an, la toute première journée nationale de commémoration de la réhabilitation d’Alfred Dreyfus, à l’occasion des 120 ans de la reconnaissance de l’innocence du capitaine.