Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Livres Livres Livres Romans Romans Romans Une ambitieuse et poétique réécriture d’Homère, sous le signe de la fluidité, entre mythes antiques et errances contemporaines. Vivifiant. Article réservé aux abonnés « Thétis », de Christine Spianti, Seuil, « Pierres vives », 432 p., 21 €, numérique 15 €. Si les pages de ce livre, Thétis, devaient avoir une odeur autre que celle du papier, ce serait le parfum de la terre après la pluie. Tout évoque la fraîcheur dans le récit de Christine Spianti. La narratrice y entremêle sa traversée des paysages grecs à des vers de l’Iliade qui sortent avivés, au contact d’une prose aussi travaillée que de la poésie. On découvre sous un jour nouveau ces fragments homériques, dans la traduction nerveuse, à vif, de Pierre Judet de La Combe (éd. Albin Michel/Les Belles Lettres, 2019). L’écriture de l’autrice les cerne pour souligner ce qu’ils recèlent d’images fulgurantes : « Comme un pavot, dans un jardin, jette sa tête de côté,/ alourdi par le fruit et les pluies des vents printaniers,/ de même il penchait sur le côté sa tête alourdie par le casque. » Les combats épiques sont relégués derrière ce qui constituait de simples décors ou motifs de comparaison : la nature et la vie quotidienne des antiques. Le second plan passe au premier, le sensible se fait centre. Il vous reste 74.86% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.