Claire Choisne, à Paris, en 2024. BOUCHERON

Anxieuse et appliquée, elle s’est imposé des devoirs de vacances, parcourant durant un mois les archives intimidantes compulsées dans des dossiers. « Le jour J, je suis arrivée chez Boucheron à la fois surexcitée et sur-effrayée », se souvient Claire Choisne, installée dans un salon de l’hôtel de Nocé – immeuble chic de la place Vendôme, à Paris, où Frédéric Boucheron (1830-1902) emménagea dès 1893 –, qui abrite une boutique et son studio de création. C’était il y a quinze ans. « Le 5 septembre 2011 », précise de tête la directrice des créations, adepte des agendas au cordeau et des tableaux Excel.

Si un designer résume à lui seul le dépoussiérage dont a bénéficié la haute joaillerie, le profil de Claire Choisne s’impose. Partie d’une équipe modeste, « trois dessinatrices et des méthodes de travail d’une autre époque, sans modélisation en 3D », elle a décapé la maison fondée en 1858. Depuis dix ans, son travail, d’une maîtrise maniaque, intrigue les novices, met d’accord la presse et force l’admiration des professionnels. Lors des révélations des collections, même les concurrents s’enquièrent auprès des journalistes qui ont vu les pièces de près : « Alors, Boucheron ? »