Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Pape Pape Pape Éditorial Le Monde Le pape s’est rendu, le 4 juillet, sur l’île italienne de Lampedusa, symbole de la crise migratoire, appelant à tendre la main « à ceux qui sont contraints de se déplacer ». Mais son message se heurte partout dans le monde à un durcissement sans précédent des politiques publiques et à la radicalisation des opinions. Publié aujourd’hui à 11h30 Temps de Lecture 2 min. Premier pape originaire des Etats-Unis, Léon XIV avait été invité à Washington pour participer à la célébration de leurs 250 ans, le 4 juillet. Il a fait un autre choix en se rendant sur l’île italienne de Lampedusa, devenue le symbole d’une fracture migratoire qui ne cesse de se creuser. Dans le message de félicitations adressé au peuple américain, un rappel a d’ailleurs fait le lien avec son déplacement. « A chaque génération, a-t-il écrit, ceux qui sont venus [aux Etats-Unis] en quête de liberté, d’opportunités et d’un lieu où se sentir chez eux ont contribué à forger le caractère de la nation » américaine. Lors de sa visite dans l’archipel espagnol des Canaries, en juin, Léon XIV avait déjà interpellé l’Europe, qui « ne peut proclamer la dignité humaine et s’habituer à ce que la Méditerranée et l’Atlantique soient des cimetières sans pierres tombales » pour les migrants qui s’engagent dans des traversées extrêmement périlleuses. Mais, en mettant à Lampedusa ses pas dans ceux de son prédécesseur, François, qui y avait effectué son premier déplacement pontifical en 2013 pour dénoncer « la globalisation de l’indifférence », le pape a pu prendre la mesure de sa solitude. Partout dans le monde, en effet, le message de l’Eglise catholique sur la nécessité de tendre la main à « tous ceux qui sont contraints de se déplacer en raison de la pauvreté, de la violence, du changement climatique ou des catastrophes environnementales », selon les termes de l’encyclique Magnifica humanitas (« Magnifique humanité »), se heurte à un durcissement sans précédent des politiques publiques et à la radicalisation des opinions. La campagne pour l’élection présidentielle française de 2027 devrait en faire l’illustration, y compris de la part de ceux qui mettent en avant leur foi chrétienne. Sujet de contentieux avec Donald Trump En atteste, par exemple, le renoncement à ses principes que constitue pour l’Union européenne la création en dehors de ses frontières, en juin, de centres où renvoyer les personnes en situation irrégulière en dépit des piètres résultats d’expérimentations passées. On peut y ajouter la traque violente des sans-papiers en Afrique du Sud, ou encore l’instrumentalisation politique d’un fantasmatique « grand remplacement » en Tunisie. L’immigration reste par ailleurs un sujet de contentieux entre Léon XIV et l’administration de Donald Trump. Le 30 juin, le vice-président, J. D. Vance, converti au catholicisme en 2019, a ainsi jugé « préoccupantes » les critiques du Vatican dénonçant le traitement « inhumain » réservé aux migrants aux Etats-Unis. Le pape, pourtant, s’efforce de se tenir à un point d’équilibre. Dans son encyclique, il invite autant à « préserver le droit à l’espoir de ceux qui sont contraints de partir en garantissant des voies sûres et légales, des conditions d’accueil dignes, des parcours d’intégration concrets », qu’à « promouvoir également le droit de rester sur sa propre terre en paix et en sécurité ». Ce droit-là renvoie à un angle mort des discours sur l’immigration, puisqu’il implique de s’attaquer « aux causes profondes qui poussent à la migration, y compris celles liées aux injustices économiques et à la crise climatique ». Il n’en est jamais question dans les diatribes démagogiques qui promettent de faire disparaître les migrants par magie. Encore moins à l’heure de l’assèchement dramatique de l’aide internationale auquel les Etats-Unis ont puissamment contribué depuis le retour à la Maison Blanche de Donald Trump. Le Monde
Le rappel de Léon XIV au devoir d’humanité envers les migrants
ÉDITORIAL. Le pape s’est rendu, le 4 juillet, sur l’île italienne de Lampedusa, symbole de la crise migratoire, appelant à tendre la main « à ceux qui sont contraints de se déplacer ». Mais son message se heurte partout dans le monde à un durcissement sans précédent des politiques publiques et à la radicalisation des opinions.













