Un message clair. En visite sur l'île italienne de Lampedusa ce samedi 4 juillet, le pape Léon XIV a appelé l'Europe à agir davantage pour la protection des migrants, alors même que cette dernière durcit sa politique migratoire. Sur les traces de son prédécesseur argentin François, qui avait choisi pour son premier déplacement en 2013 cette île devenue le symbole du drame des traversées mortelles de la Méditerranée, le pontife de 70 ans a envoyé un message clair aux dirigeants européens et américains, dans un contexte d'intolérance et d'indifférence croissantes face aux crises migratoires.
"L'Europe est en mesure (...) d'aborder la crise de manière organique, en inscrivant les premiers secours dans un plan stratégique à long terme, capable d'accueillir, de protéger, de promouvoir et d'intégrer les migrants tout en œuvrant pour le développement, afin que personne ne soit contraint d'émigrer", a lancé le pape américain dans son homélie.
Il a également fustigé "le désintérêt pour le bien commun et la corruption dans les pays d'origine, un système économique mondial qui engendre pauvreté et exclusion, la peur qui alimente les préjugés et le mépris (...) les calculs criminels de ceux qui tirent profit du drame d'autrui". Un peu plus tôt, le pape avait déposé une gerbe de fleurs au cimetière abritant des tombes numérotées de migrants non identifiés et s'était rendu à la "Porte de l'Europe", un monument dédié aux victimes, où il s'est recueilli seul sur un rocher face à la mer, sa soutane battue par le vent.










