Lors de la marche pour une loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles, place de la Bastille, à Paris, le 4 juillet 2026. CAMILLE GHARBI POUR « LE MONDE »

Après le flux, le reflux ? Dès 2018, alors que la vague #MeToo semble inexorable, Le Monde invite, dans un texte intitulé « Après #MeToo, gare au retour de bâton », à relire l’essai que la féministe américaine Susan Faludi consacra, en 1991, au « retour de bâton » lié à « l’excessive réactivité des hommes aux victoires les plus microscopiques des femmes » (Backlash. La guerre froide contre les femmes, traduit en français en 1993, éditions Des Femmes).

Huit ans plus tard, non seulement les faits lui donnent raison, mais la situation se révèle encore plus inquiétante. Ainsi, un rapport rédigé par la délégation aux droits des femmes du Sénat et paru mercredi 24 juin alerte sur la « montée en puissance des réseaux masculinistes ». Elle s’inscrit dans un « contexte mondial plus large de backlash [retour de bâton conservateur], dont les masculinismes sont une manifestation, et qui a pour objectif la remise en cause de droits conquis au prix de décennies de luttes collectives ».

Alors, que reste-t-il de #MeToo ? La « troisième vague féministe » a-t-elle réellement reflué ou poursuit-elle sa dynamique, de façon moins visible, dans tous les domaines ? Dans quelle mesure la sororité est-elle mise à l’épreuve ? Comment contrecarrer ce backlash ? Ces questions sont au cœur de la 12e édition du Festival du Monde, qui se déroule du 17 au 20 septembre, au siège du journal, avenue Pierre Mendès-France (dans le 13e arrondissement de Paris), sur le thème « Féminins pluriels ».