C’est dans un salon de coiffure au papier peint fleuri, lové au cœur des années 1980, que se déploie l’histoire d’une communauté de femmes s’y rejoignant hebdomadairement afin d’entretenir leur chevelure, mais aussi – et sans doute surtout – d’échanger recettes, ragots ainsi que gestes et paroles de soutien. S’y côtoient la dynamique veuve du maire (Louise Deschâtelets), la bougonne du quartier (Josée Beaulieu), la sympathique propriétaire des lieux (Nathalie Mallette), sa candide protégée (Myriam Poirier), une psychologue quelque peu contrôlante (Louise Cardinal) et sa lumineuse fille (Flavie Bourgeois). Celle-ci, sur le point de se marier lorsque débute Fleurs d’acier, une adroite traduction signée Michel Tremblay de Steel Magnolias de Robert Harling, périra à la suite d’une grossesse qu’elle savait à risque.Le récit tourne donc entre autres autour de cette Shirley, résolue à vivre la maternité à tout prix et qui en paiera effectivement le tarif ultime. Sa mère aimerait la protéger d’elle-même dans les menues décisions (dont sa coiffure nuptiale) comme dans celles aux conséquences funestes. Autour d’elles, leurs copines se réjouissent, s’inquiètent, les entourent de leur cordiale affection. L’œuvre américaine, montée en 2001 chez Duceppe dans une traduction de François Tassé, a aussi fait l’objet d’une adaptation cinématographique en 1989, comptant dans sa distribution Sally Fields, Dolly Parton ainsi qu’une toute jeune et à peine connue Julia Roberts.Cette partition oscille entre le sentimental et le comédique. Or est bien fine la ligne séparant les personnages hauts en couleur des caricatures n’affichant que bien peu de nuances. Cette frontière se trouve allègrement franchie par certaines interprétations en première partie. En seconde – probablement, partiellement du moins, parce que le texte s’avère plus riche – ce problème semble se résorber. Pourtant, le metteur en scène Alain Zouvi a démontré un indéniable doigté, l’an dernier, en dirigeant l’imposante distribution masculine de 12 hommes en colère (toujours à l’affiche cet été).
«Fleurs d’acier»: sororité intergénérationnelle
Non sans quelques heurts, cette version québécoise de « Steel Magnolias » parvient à semer rires et émois.










