Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats États-Unis États-Unis États-Unis Figure respectée pour des films d’anthologie sur la guerre de Sécession ou du Vietnam, le cinéaste déboulonne les mythes de la révolution américaine et insiste, dans un entretien au « Monde », sur la violence qui a marqué cette période. Bon connaisseur de la démocratie américaine, il pense qu’elle survivra à l’« ouragan » Trump. Article réservé aux abonnés A un moment où l’administration Trump essaie d’édulcorer l’histoire américaine à l’occasion du 250e anniversaire de la Déclaration d’indépendance, le documentariste vedette Ken Burns a révélé la violence de la fondation du pays dans une série, The American Revolution, diffusée en novembre 2025 et qui a fait événement. Pour Le Monde, il revient sur la façon dont il voit la guerre d’indépendance et sur le rôle décisif de la France dans cette période. A ses yeux, le mandat de Donald Trump est un test pour la démocratie américaine dont il pense qu’elle sortira victorieuse. Dans votre documentaire, vous montrez que la guerre d’indépendance a été beaucoup plus violente et complexe que ce qui est généralement décrit dans les manuels d’histoire… Une mythologie s’est construite aux Etats-Unis autour de la guerre d’indépendance. Il y a d’abord cette idée qu’elle s’est faite sans effusion de sang ; ensuite, qu’elle opposait simplement un « nous » américain à un ennemi lointain (le Royaume-Uni). En réalité, c’était non seulement une guerre extrêmement violente, mais aussi une guerre civile entre colons, avec, d’un côté, les loyalistes partisans de la couronne britannique, et, de l’autre, les patriotes indépendantistes.Nous sommes nés dans la violence. Il est important de le comprendre et de l’accepter. Beaucoup préfèrent l’ignorer pour tenter de protéger les grands idéaux de 1776 (l’adoption de la Déclaration d’indépendance) et de 1787 (la signature de la Constitution). C’est aussi une guerre mondiale dont l’enjeu est la possession de l’Amérique du Nord. On enseigne aux Américains que la révolution est une affaire de taxes et de représentation, qu’elle a été déclenchée par les impôts décrétés par les Anglais sur les colonies, et c’est vrai. Mais l’élément le plus central, ce sont les terres indiennes. Le monde entier les veut : les Espagnols, les Hollandais, les Français, les Britanniques… Il vous reste 81.15% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.