« Je voulais recréer un lieu avec de la vie et je ne pouvais pas me séparer de cet endroit qui était ma maison de famille à chacune de mes vacances », sourit Virginie Deschamps. Après avoir construit toute sa vie à Paris, cette pétillante femme de 54 ans vient de reprendre le restaurant familial « O’Louise » à Cabrerets (Lot), joli village de la vallée du Célé, connu pour sa célèbre grotte ornée du Pech Merle, ses habitations troglodytes et son château.« Un lieu où j’ai tous mes souvenirs d’enfance »C’est son arrière-grand-mère, Louise, qui avait créé le restaurant en 1914. Alors que la bâtisse était à vendre après avoir été transmise dans la famille depuis plus d’un siècle, Virginie Deschamps et son mari David ont décidé de quitter la capitale pour reprendre le flambeau en rebaptisant le lieu « O’Louise by Gigi ».Après le décès de Louise en 1971, c’est sa petite-fille Annie qui avait repris l’affaire avec son fils. En 2005, à sa mort, le restaurant tire le rideau trois ans, avant que Jeanine, grand-tante de Virginie qui possédait un restaurant à Paris, pose ses valises dans le Lot pour relancer une nouvelle fois le lieu qu’elle transforme en pizzeria. Elle le tient jusqu’en 2024 quand elle décide de ranger son tablier à l’âge de 92 ans.« Quand on a appris que mes cousins voulaient le vendre, on s’est donné six mois pour y réfléchir car c’est un lieu important pour moi où j’ai tous mes souvenirs d’enfance, raconte la nouvelle patronne. J’avais dit que je ne travaillerais jamais dans la restauration mais après vingt ans dans la négociation commerciale et le marketing à Paris pour Nestlé et LVMH, on en avait marre et on voulait donner un sens à notre vie avec un projet professionnel à notre compte ».Initialement, le couple envisageait d’ouvrir un gîte dans le sud-est de la France mais la mise en vente du restaurant familial leur donne à réfléchir. Durant son adolescence parisienne, Virginie Deschamps a travaillé au restaurant de Jeanine, apprenant le métier. Son mari David, qui a travaillé durant quinze ans dans les technologies de pointe au service de la défense et de la sécurité, est partant pour s’installer dans le village niché au creux de la falaise de Rochechourbe, où il apprécie de passer des vacances depuis des décennies.« C’était le bon moment pour changer de vie »« Je suis tombé amoureux de cette région pleine de cailloux et c’était le bon moment pour changer de vie, les planètes étaient alignées, confie ce dynamique quinquagénaire. On voulait créer un lieu bienveillant, ouvert toute l’année pour les 225 habitants du village. C’est rock and roll mais ça valait le coup ».Après d’âpres négociations avec les banques, le couple rachète le restaurant et entame des travaux pour moderniser le lieu, tout en gardant des meubles d’époque afin de conserver l’authenticité de l’endroit. Grâce à des restaurateurs du village voisin, il embauche Jeanne Allard, une jeune cuisinière qui s’est installée quelques mois plus tôt dans la région. Le restaurant prend son rythme de croisière depuis l’ouverture au printemps et suscite l’enthousiasme des habitants.« Ils s’approvisionnent avec des produits du coin comme le fromage et le miel donc on est ravis qu’ils aient tenté l’aventure », assure Vincent, un de leurs fournisseurs. L’enfant du pays sait que les mois à venir seront difficiles mais ne regrette rien. « Certains m’ont dit que j’étais cinglée de reprendre le resto, d’autres que j’étais courageuse mais les retours positifs des clients sont notre récompense, assure-t-elle. On est fiers de poursuivre la saga familiale ».
Elle quitte Paris pour redonner vie au restaurant fondé par son arrière-grand-mère en 1914 dans le Lot
Virginie Deschamps a rouvert l’établissement créé il y a 112 ans par son aïeule à Cabrerets, un petit village touristique du Lot. Avec son m






