D’elle, on connaît surtout la lampe Vertigo, suspension qui l’a propulsée parmi les sommités du design. À 49 ans, Constance Guisset s’est lancée dans une nouvelle aventure, un premier roman, l’histoire d’une fleuriste qui découvre que son sang est contaminé par les pesticides.Comment est né « Fleur de peau » ?CONSTANCE GUISSET. Pendant six ans, j’ai écrit un manuscrit, une histoire personnelle. On l’a beaucoup retravaillé avec mon éditrice et puis, finalement, à ses yeux, ça ne correspondait pas à un premier roman. Pour elle, il fallait qu’il y ait un texte avant. Alors elle m’a poussée à écrire autre chose.Un jour, j’ai découvert dans les journaux l’histoire d’une fleuriste dont la fille est morte d’une leucémie à cause des pesticides qui contaminaient les fleurs de sa boutique.À voir aussiLe métier de fleuriste est fascinant. En quelques secondes, on connaît les motivations de l’achat d’un bouquet : l’amour, le pardon, un décès. J’ai donc trouvé ça tellement tragique, la contradiction entre ce désir de nature, cette pulsion de vie, et la réalité mortifère de cette industrie.Faites-nous les présentations avec votre protagoniste, Ava ?Comme beaucoup, Ava est fleuriste de reconversion. Elle a fait le choix de changer de métier parce qu’il n’était pas compatible avec sa vie de famille. Elle est mère de deux enfants, son mari a voulu assumer la charge financière du foyer en redoublant d’efforts au travail, quitte à s’effacer. Cet équilibre s’avère défaillant. Alors quand plane soudainement la menace de la maladie, Ava remet en cause toute cette vie qui lui échappe et s’élance dans une quête intime pour se reconnecter à elle-même, se réaligner à ses désirs.Comment avez-vous construit votre récit ?J’aime les collages, superposer les histoires, les mélanger pour que le lecteur recolle les morceaux lui-même. Ça se traduit dans la forme du livre que j’ai pensé comme un herbier avec des chapitres au nom de fleurs, réelles ou inventées, et des dessins que je me suis amusée à faire pour les représenter.Au rythme des clients qui pénètrent dans sa boutique, portés par différentes émotions, mais aussi au fil de son cheminement personnel, Ava se confronte à beaucoup de sujets : la distance qui se crée au sein d’un couple, l’exploration du désir féminin, le corps qui vieillit et qui change, la sororité et plus largement la liberté qu’il faut parfois reconquérir.J’éprouve une grande fascination pour la mousse. J’utilise beaucoup cette image dans le livre. C’est un élément qui absorbe, qui accommode, comme les femmes au quotidien. Et en même temps, c’est un écosystème qu’on ne voit pas et qu’on n’imagine pas. Ava est comme la mousse, à l’intérieur ça grouille, elle ne demande qu’à vivre. « Fleur de Peau », de Constance Guisset, Flammarion, 304 p., 20 €.
« J’aime superposer les histoires, les mélanger » : la designeuse Constance Guisset signe un roman touchant
Célèbre notamment pour sa suspension Vertigo, la designeuse et architecte d’intérieur Constance Guisset publie son premier roman, « Fleur de








