Ce n’est pas le choix qui manque. Quelque 1 800 spectacles sont programmés cette année au festival Off d’Avignon du 4 au 25 juillet. Avant le lever de rideau, voici une première sélection de spectacles (déjà) vus et approuvés, répartis heure par heure.Pour bien commencer la journéeUn aller simple pour le Vieux-Port ! Dans « Marius », version haute en couleurs et enjouée du classique de Marcel Pagnol, le metteur en scène multi-moliérisé Jean-Philippe Daguerre met en valeur la truculence des dialogues et la fraîcheur irrésistible de cette histoire d’amour marseillaise, drôle et émouvante (9h50 au Chien qui fume).Dans « Zoom », seule en scène magistral et percutant, Paméla Ravassard – qui avait adapté le fabuleux « Courgette » - incarne une fille-mère confrontée à la fatalité. Dans une scénographie sublime, elle livre une chronique sociale coup de poing et coup de cœur (10 heures au Girasole)Paméla Ravassard dans «Zoom» au Festival d'Avignon 2025. Alexandro GuerreroAutre salle, autre ambiance pour débuter la journée avec « Y’a d’la joie » dans lequel le toujours très en verve Michaël Hirsch part en quête de la joie de vivre dans un seul en scène jubilatoire, profond et instructif (10 heures aux Lucioles).À voir aussiUn souffle et un élan certains, un humour ravageur et à-propos pour « Made in France », Molière de la mise en scène cette année, exposant avec malice magouilles politiques et petits arrangements sur fond de désindustrialisation de la France. Au centre du jeu, une batterie donne le ton, enlevé. Franc et frais, ou l’art et la manière de marier alerte et divertissement. (11h55 au 11. Avignon)Batterie aussi pour « Une vie sur mesure », un classique de presque 20 ans signé Cédric Chapuis qui continue de faire battre le cœur des spectateurs au rythme des coups de baguettes de ce garçon différent et si attachant. L’instrument est un refuge pour lui, il y excelle. Un seule en scène percutant à plus d’un titre. (12h35 à La Scala)En début d’après-midiUn peu d’humour entre midi et deux ? Connue des auditeurs de France Inter, Mélodie Fontaine propose avec « Nickel » un spectacle malin et attachant, drôle et impertinent dans lequel elle change de rôles avec dextérité. Mention spéciale au personnage de sa maman, fil rouge du show qui lui permet d’ajouter une bonne dose d’autodérision à son parcours cabossé de comédienne (13h15 aux Béliers).Une bande-son convoquant The Cure, Pink Floyd ou Nick Cave, Dark Vador en invité, voici « Hamlet# » adapté en un seul en scène moderne, nerveux et électrique, remarquablement habité par Victor Duez, splendide dans sa fureur… de vivre (13h25 à La Condition des Soies).Hamlet et Shakespeare encore, mais dans l’inspiration. « Être ou ne pas être », c’est la question pour William Mesguich, oui, mais être quoi ? Footballeur, dans un premier temps. Malgré une enfance baignée de théâtre - avec un tel père ! -c’est le ballon rond qui fait courir le jeune William. Ça, c’était avant. Une trajectoire qu’il raconte dans un seul en scène intime, sensible et d’une jolie drôlerie. Avec juste un coffre, un ballon, quelques maillots et puis des mots, il nous embarque totalement (13h25 aux Corps Saints).Continu ou alternatif ? En 1878, le courant électrique n’a pas encore conquis le monde qu’on sait déjà que la fortune attend celui qui le maîtrisera. Entre Edison et Westighouse, qu’on aura oublié, la bataille fait rage. Au milieu, le génial Tesla. « Lumière », une épopée d’inventeurs haletante (13h45 à La Scala).C’était mieux avant… Vraiment ? Dans « Le Manuel de la jeune mariée 1957 », Virginie Lemoine exhume les (vrais) conseils que l’on prodiguait aux futures épouses après-guerre. Et ce n’est pas piqué des hannetons… La pièce met en lumière avec alacrité le décalage abyssal entre les mœurs d’hier et d’aujourd’hui (13h45 au Actuel).Classique des classiques par excellence, voici « Le Cid pète un câble », la pièce de Corneille adaptée par Caroline Vigneaux en une version survoltée mais toujours en vers. Et contre toute attente, même truffée de langage jeune, de portables et de rap - les textes intacts de Corneille sont rappés, notamment par MC Solaar - on en retrouve l’essence. Un humour irrésistible en petit truc en plus (14h05 aux Lucioles).Il y a un truc qui cloche dans cette lignée féminine pas tout à fait d’aplomb, explorant son « Côté Wertheimer », Chloé Oliveres remonte son histoire familiale jusqu’à son arrière-grand-mère internée. De là découle beaucoup. Profond, drôle et secouant, un travail aussi intime qu’universel (14h20 au Train Bleu).Comédien multiple, capable de beaucoup avec rien, Nicolas Devort nous projette avec « Lisa » dans l’univers d’une adolescente de 15 ans dont le quotidien est chamboulé par l’arrivée dans sa vie du nouveau compagnon de sa mère. Sensible, malin et puissant (16h30 aux Corps Saints).En fin d’après-midiDans « Couleur framboise », son deuxième seul en scène après « Coming Out » dans lequel il racontait comment sa conversion au catholicisme l’a sauvé, Mehdi Djaadi poursuit dans la veine intime, brisant cette fois le tabou de l’infertilité masculine. Toujours avec humour et une grande finesse (17h30 à La Scala).La Révolution des œillets et ses racines, la dictature qui cède devant l’élan populaire, le Portugal libéré et prêt à s’émanciper. Le récit est celui de Céleste à son petit-fils, elle lui raconte sa jeunesse rebelle et la libération dans « La fleur au fusil ». Seul en scène, Lionel Cecilio, vibrant, nous le fait vivre de plein fouet (17H40 aux Lucioles).Mise en scène par Andréa Bescond, cette « Antigone » prend évidemment une nouvelle dimension, puissante et féministe, une figure qu’incarne Déborah Moreau qui a longtemps joué « Les Chatouilles ». Ici, Créon est le symbole du patriarcat agresseur et la fille d’Œdipe la figure de la résistance. Emballant (18 heures au Chêne Noir).Résistance encore pour cette fresque tissée autour de la création du « Chant des Partisans » par Kessel, Druon et Germaine Sablon, un récit enlevé pour ce « Chant des lions » dans une mise en scène au cordeau de Charlotte Matzneff et notamment un travail du son rare. Résultat, un spectacle qui nous happe et capte trois nominations aux derniers Molières et une statuette de la révélation féminine pour Marina Pangos, en alternance (18 heures aux Gémeaux).Seule survivante, à 16 ans, d’un crash aérien qui a coûté la vie à trois personnes, Dorine Bourneton a ouvert bien des voies. À 51 ans, elle se lance dans un seule-en-scène, « Voltige », qui raconte son parcours incroyable dans une mise en scène d’Éric Métayer (18h45 au Balcon).Pour une soirée de toute beautéEntre stand-up, personnages et slam, Emma Bojan, jeune chroniqueuse de France Inter, s’offre avec « Attends-moi, j’arrive » des débuts aussi percutants que prometteurs. Insolent de modernité, débordant d’une énergie vivifiante, ce premier seul en scène raconte les coulisses d’un casting raté, prétexte à dérouler son parcours et sa farouche envie de décoller (20 heures au Chêne noir).Barbe noire bien drue, regard qui peut faire froid dans le dos, Umut Köker - voix douce, personnage tendre et discours d’une grande finesse - se révèle aux antipodes de la première impression qu’il suscite chez beaucoup. Un « Paradoxe » qu’il décline dans un spectacle de stand-up très réussi. Cet humoriste a vraiment « un p’tit Turc en plus » (20h40 à la Comédie d’Avignon). Dans la même salle, à la même heure, en alternance, on vous conseille chaudement « Le temps d’une pause » d’Adel Fugazi, dont le sens de l’absurde est d’un délice absolu.Qu’on écoute ou non, le Marseillais JUL est un phénomène. Pour Julien Gallix, c’est le « J », « l’ovni », le guide qu’il suit. Voilà ce que le jeune homme raconte dans « J’oublie tout », premier seul en scène remarquable, récit autobiographique aussi drôle que touchant. Une découverte de l’an dernier qu’on ne peut que conseiller (20h55 à la Factory 2-Roseau Teinturiers).Dans « J'oublie tout », le rappeur Jul devient le modèle d'un jeune garçon marseillais joué par Julien Gallix. Dennis MaderFichtre que c’est bien ! Que ceux qui n’ont pas vu « Bigre », Molière tant mérité de la comédie en 2017, se précipitent découvrir cette pépite sans texte mais si parlant. Trois solitudes vivent sous les toits parisiens. Ils se frottent et se piquent dans un décor truffé de surprises. Avec gags à gogo, voici du grand burlesque pour rire à gorge déployée (21h15 à La Scala). Une énergie contagieuse pour cette version chaussettes claquettes du finalement pas si classique de Molière ainsi revisité. La troupe du P.A.T. Studio, une bande de jeunes qui se fendent la gueule, nous embarquent avec elle illico avec sa proposition tout feu tout flamme. Ce « Bourgeois Gentilhomme » est un phénomène (21h30 aux Gémeaux). On se régale à l’avance pour ceux qui découvriront cette année ce « Super Freak », spectacle jouant habilement la caricature du film d’horreur tout en en expliquant les codes. Mise en scène survoltée, jeu à l’avenant, pour un spectacle didactique et foutraque avec ses effets spéciaux à deux euros, c’est horriblement drôle (22h25 aux Lucioles).
Festival d’Avignon 2026 : notre sélection de 25 spectacles incontournables à ne pas manquer
Le 60e festival Off d’Avignon débute ce samedi 4 juillet avec ses grappes de spectacles en tout genre. Parmi les presque 1 800 propositions,
















