Le chef québécois Nicolas Ellis est amené, pour la seconde fois, à ouvrir le Festival de Lanaudière, un prestigieux honneur. Le Gala de la terre, qu’il présentera ce samedi avec son Orchestre de l’Agora, s’achèvera sur Le sacre du printemps de Stravinsky. Point sur la carrière du chef de 34 ans, directeur musical de l’Orchestre national de Bretagne.Ce ne sera pas, ce samedi, le premier Sacre du printemps dans la carrière de Nicolas Ellis. « Étonnamment, c’est la première pièce que j’ai dirigée avec l’Orchestre de l’Agora en 2013. » Le chef convient volontiers que l’entreprise était osée. « On parle, alors, d’un ensemble étudiant, à 100 % bénévole. C’était un peu la folie. On se disait : “On se plonge dans un truc complètement disproportionné. Peut-être qu’on va se planter, mais ce n’est pas grave parce qu’on va vivre quelque chose d’incroyable”. Je garde un souvenir indélébile de ce premier Sacre-là. Forcément, ce sera avec de nouvelles lunettes, littéralement, qu’on va aborder le concert de ce soir… »Pour Nicolas Ellis, l’Orchestre de l’Agora est le symbole de l’idée de « rentrer à la maison ». C’est aussi « le projet de cœur ». Il chérit l’idée « d’être parti de rien, d’un projet étudiant et bénévole, pour aboutir à une phalange professionnelle. » Il se réjouit du développement et de la continuation du travail avec ses musiciens. « Chaque projet de l’Agora est aussi un peu un laboratoire personnel. Maintenant encore, j’essaie des choses, que ce soit en termes de répertoire ou de contexte de concert », dit le chef, qui cherche à « repenser la façon de proposer les concerts de musique classique ».Le tremplin européenDirecteur musical de l’Orchestre national de Bretagne, Nicolas Ellis va y entamer en septembre sa troisième saison, la première totalement conçue de sa main. Il réside de plus en plus souvent à Rennes. « Ma femme va me rejoindre en novembre. On va essayer de vivre l’expérience de rester un an là-bas. »Plus que celle des divers solistes (Elisabeth Pion, Cameron Crozman et Vincent Lauzer), avec lesquels nous avons discuté ces dernières semaines, la situation du chef Nicolas Ellis par rapport à sa carrière se rapproche davantage de celle des plus chanceux de nos chanteurs : la France devient un tremplin pour développer sa carrière en Europe.« En matière d’opportunités, il y a vraiment deux facteurs clés dans mon cas : la nomination comme directeur musical en Bretagne, mandat qui a débuté en 2024, et, au même moment, ma signature avec l’agence Askonas Holt. Cette combinaison-là a eu un impact sur d’autres orchestres en France et en Europe. » À ce titre, Nicolas Ellis vient de diriger l’Orchestre national de Bordeaux Aquitaine, l’Orchestre symphonique de Hambourg, l’Orchestre de la radio norvégienne, celui de la radio polonaise et celui de Tampere en Finlande. « Je retourne aussi à l’Opéra de Sydney, je vais faire mes débuts avec l’Orchestre symphonique de San Francisco et l’Orchestre de chambre de Los Angeles au Hollywood Bowl. J’ai aussi la nationalité américaine, ce qui est effectivement favorable pour mon activité aux États-Unis. »
Nicolas Ellis, le «Sacre» de l’élu
Le chef d’orchestre nous revient, avec la prestigieuse mission d’ouvrir le Festival de Lanaudière.












