Le Festival international du Domaine Forget débute officiellement cette fin de semaine avec un concert de Bernard Labadie et des Violons du Roy, samedi, et un récital de Benedetto Lupo, dimanche. Son directeur artistique, Mathieu Lussier, nous entretient des derniers développements de l’événement charlevoisien, mais aussi des perspectives d’Arion Baroque, dont il assume la direction artistique et musicale.Le bassoniste, chef et administrateur est devenu un habitué de ces colonnes au début de l’été. Dès sa prise de fonctions au Domaine Forget, au sortir de la pandémie, nous avons établi des rendez-vous annuels afin de suivre l’évolution des initiatives prises en matière de médiation et de présentation des concerts, l’un de ses chevaux de bataille. L’article de 2025 s’intitulait « L’heure des récoltes », puisque les diverses idées lancées depuis 2023 dans ce « laboratoire de la connexion avec le public » portaient leurs fruits.Brasser la musiqueGlobalement, le tour d’horizon reviendrait à reprendre nombre de points analysés l’année dernière. Point le plus visible, qui s’est aussi confirmé à Orford, la formule des concerts de fin de semaine à 16 h s’est avérée la bonne. « Il reste les concerts du vendredi en soirée, mais non seulement les concerts de 16 h fonctionnent, mais ils fonctionnent même les deux jours de la fin de semaine, parfois mieux le samedi que le dimanche. Ce qui est frappant, c’est qu’à Montréal, durant l’année, à l’exception du dimanche après-midi, ça ne marche pas du tout », nous dit Mathieu Lussier.« Si la seule façon de venir au Domaine Forget était en soirée, la fin de semaine, dans notre salle de concert, on ne se donnerait pas grande chance d’aller chercher un public. En multipliant les heures, les journées et même les lieux de diffusion, notre programmation s’enrichit. » L’équipe du Domaine développe ainsi les concerts à l’église de Saint-Irénée, désormais propriété du Domaine Forget, mais aussi une série intitulée « Le Domaine sur la route ».« Nous avons aussi un partenariat avec une coopérative de gens de Saint-Jean-Port-Joli, qui ont repris en main la petite église magnifique sur le bord du fleuve. On y envoie certains de nos professeurs, ravis de jouer dans une petite église qui sonne si bien », ajoute Mathieu Lussier, qui espère un quatrième été de suite d’augmentation de l’achalandage et des revenus de billetterie.« Pour la deuxième année, nous irons donner un concert avec nos étudiants en saxophone et leur professeur à la brasserie Menaud, qui produit des spiritueux et des bières dans la région. Il y a encore du travail pour lutter contre la perception que la musique classique, ce n’est pas pour tout le monde et que ça se consomme d’une seule façon. »Le défi du rayonnement d’ArionAlors que, désormais, tout semble poursuivre son bonhomme de chemin à Saint-Irénée, si nous avons souhaité parler à Mathieu Lussier, c’est aussi dans le cadre de nos articles sur les carrières et les débouchés pour les artistes québécois et canadiens. À ce titre, en tant que directeur musical d’Arion, il a multiplié, depuis sa prise de fonctions, les partenariats avec le Centre de musique baroque de Versailles, développant son expertise sur le baroque tardif et la musique de la Révolution. Mathieu Lussier parvient-il à concrétiser ces efforts en intérêt et en engagements pour le groupe ?