Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Essais Essais Essais Dans son dernier ouvrage, le politiste Michel Hastings revient sur la chute des puissants, dont la carrière, hier faite de grandeur, de gloire ou de célébrité, sombre soudainement dans la honte, le déshonneur ou l’oubli. Article réservé aux abonnés Livre. Le 21 octobre 2025, Nicolas Sarkozy, ancien président de la République, était écroué à la prison de la Santé, à Paris. Il restera vingt jours en détention, une première dans l’histoire de la Ve République. Si le cas Sarkozy est spectaculaire, il n’est pas isolé pour autant. Il renvoie à un phénomène présent dans toutes les sociétés et à toutes les époques : la disgrâce, à laquelle le politiste Michel Hastings consacre un livre passionnant La Disgrâce politique. Anatomie de la chute (CNRS Editions, 302 pages, 18 euros). L’auteur puise dans l’histoire, la littérature, les symboles et les mythes pour en montrer l’épaisseur anthropologique. Peine des élites par excellence – pour tomber, il faut tomber de haut –, la disgrâce est un « retournement de situation menant à une dégradation statutaire, sociale et morale ». C’est le fondement même de l’identité d’un individu qui a vécu dans la reconnaissance et la réputation, puis qui se perd dans sa chute, entraînant une rupture biographique – le personnage déchu s’en va rejoindre les contrées de la honte, de l’oubli et de la solitude. La disgrâce montre la précarité des positions acquises, la vulnérabilité des promus et des parvenus. Plus encore, c’est une image de la condition humaine, éternellement funambule, livrée aux forces capricieuses du destin. Il vous reste 58.68% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.