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ous traversons une crise politique d’une gravité historique. Venue de loin, elle est le produit d’une longue usure des institutions et d’une accumulation de désenchantements, nourris par des alternances sans alternatives, dont le cycle infini a nourri la défiance, l’extrême droite et la fragmentation politique.

La responsabilité personnelle d’Emmanuel Macron est largement engagée dans l’effondrement actuel du système politique. Depuis un an, le fait du prince a conduit à une dissolution de confort, décidée sans concertation, d’autant plus inconsidérée que le Rassemblement national (RN) était aux portes du pouvoir. Le président n’a pas pris en compte le verdict des urnes, jugeant non négociable une politique de l’offre pourtant massivement rejetée par l’opinion et à l’origine d’une aggravation des déficits et de la dette.

Personne n’a gagné, mais lui estime qu’il n’a pas perdu. Après deux échecs programmés de premiers ministres issus d’un bloc central minoritaire, retranché dans sa citadelle élyséenne, le président s’entête et nomme à Matignon Sébastien Lecornu, un de ses proches et derniers fidèles. Pire, il fait la leçon aux partis, leur enjoignant de régler une situation de confusion qu’il a lui-même créée.