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a crise ouverte par la chute du gouvernement Bayrou, lundi 8 septembre, n’est pas la première que traverse le pays. Du début du premier quinquennat d’Emmanuel Macron à ce jour, l’ordinaire aura été fait d’une succession de secousses sociales et politiques qui ont eu raison du fait majoritaire, ébranlé le fonctionnement de la Ve République sans pour autant déboucher sur une crise de régime. Le mouvement des « gilets jaunes », durant l’hiver 2018-2019, n’a pas empêché la réélection, trois ans plus tard, du président sortant. Il a en revanche contribué à saper sa légitimité en mettant en lumière le décrochage d’une partie des classes populaires et moyennes face à la hausse du coût de la vie et à l’érosion du pouvoir d’achat.

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Née spontanément en réaction à la montée en puissance de la taxe carbone qui majorait le prix des carburants, échappant à tout contrôle politique et syndical, la révolte a aussi révélé l’ampleur de la fracture démocratique. Une forte revendication de démocratie directe a émergé face à un système représentatif dans lequel les intéressés ne trouvaient plus leur compte.