Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Donald Trump Donald Trump Donald Trump Chronique Gilles Paris Editorialiste au « Monde » Le président américain s’est extrait des contraintes morales qui pesaient sur ses prédécesseurs. Au moment où le pays s’apprête à célébrer les 250 ans de son indépendance, le pessimisme a gagné le pays, relève Gilles Paris, éditorialiste au « Monde », dans sa chronique. Publié aujourd’hui à 16h00, modifié à 16h13 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés Sur la page de gauche, Donald Trump, debout, l’air buté, les poings serrés posés sans doute sur le Resolute desk du bureau Ovale, avec en toile de fond la Déclaration d’indépendance des Etats-Unis. Sur la page de droite, une partie du tableau du peintre John Trumbull (1756-1843) immortalisant la présentation de ce texte fondateur au Congrès de treize colonies en quête de liberté, en 1776. La disposition des pages fait que les cinq Pères fondateurs ne regardent pas dans la direction de Donald Trump. C’est sans doute mieux pour eux. Le passeport à tirage limité dévoilé par la Maison Blanche, le 26 juin, constitue un assez bon résumé de la commémoration de l’indépendance des Etats-Unis d’Amérique, réduite à la célébration de leur président. Le précédent que constitue ce passeport glorifiant un responsable en exercice, ou sa volonté de faire imprimer son effigie sur un billet de banque, apporte un démenti aux espoirs de moralité d’un autre Père fondateur, Alexander Hamilton (1757-1804). Tout comme les velléités de trumpisation architecturale de la capitale fédérale. Dans le numéro 68 des Federalist Papers, qu’il écrivait sous pseudonyme en 1787 et 1788, Alexander Hamilton estimait à propos de la fonction présidentielle : « Il n’est pas exagéré d’affirmer qu’il y aura une probabilité constante de voir ce poste occupé par des personnalités remarquables par leurs capacités et leurs vertus. » Le mode de désignation, ajoutait-il, « offre la certitude morale que la fonction de président reviendra rarement à un homme qui ne soit pas doté, à un degré éminent, des qualités requises ». Il vous reste 72.94% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.