De “Fjord”, de Cristian Mungiu, à “Soudain”, avec Virginie Efira, la onzième édition du festival Avant-premières ! présente trente-deux films inédits dans trente-deux salles de cinéma indépendantes. Voici nos cinq favoris. « Fjord », du réalisateur roumain Cristian Mungiu, a remporté la Palme d’or au Festival de Cannes 2026. Photo 2026 Le Pacte Par Le service Cinéma Publié le 01 juillet 2026 à 10h33 “Fjord”, de Cristian Mungiu On ressort rarement guilleret de la projection d’un film de Cristian Mungiu, et le constat désabusé de la dernière Palme d’or sur le vivre-ensemble, fragilisé par la radicalisation des opinions, ne fait pas exception. Mais difficile de ne pas être galvanisé par l’efficacité de son récit sans temps mort, sa mise en scène d’une précision chirurgicale et le sans-faute du casting, des novices aux plus confirmés. Sebastian Stan impressionne en bloc de colère qui ne demande qu’à exploser, alors que Renate Reinsve, dans un registre plus émotionnel, confirme la diversité de son talent. — Samuel Douhaire Lire la critique “Fjord”, l’échappée réussie de Cristian Mungiu en terres scandinaves “Roma elastica”, de Bertrand Mandico Marion Cotillard en reine déclinante du cinéma italien. Photo 2026-Atelier de production-Redibis Film-Dugong Films-Arte France Cinéma-Provence Studios-My Unity Production-Kinology L’auteur des Garçons sauvages (2018) offre à ses interprètes une rêverie cinéphile dans une Rome réinventée, fantasmée, où pullulent statues antiques et vieilles gloires. Il y a des citations à gogo, des jeunes comme échappés d’Orange mécanique, une orgie tentaculaire rappelant Possession… Pour raconter la finitude des choses, l’agonie du cinéma italien et de son héroïne, ou le règne de la télé-poubelle (une séquence tout en vulgarité berlusconienne avec la revenante Ornella Muti), on peut compter sur Mandico pour produire des images folles et faire rayonner la queen Cotillard. — Marie Sauvion À lire aussi : Dans “Karma”, Guillaume Canet met Marion Cotillard au supplice “Teenage Sex and Death at Camp Miasma”, de Jane Schoenbrun Un film d’horreur bourré d’humour, récompensé par la Queer Palm à Cannes. Photo Plan B/MUBI/Scythia Films Cette comédie horrifique au propos très contemporain et à la mise en scène ultra-référencée a obtenu la Queer Palm au dernier Festival de Cannes. Gillian Anderson y incarne une star déchue, fabuleusement sexy et drôlissime, face à une jeune réalisatrice qui doit la diriger dans le reboot de la saga d’horreur culte dont l’actrice fut l’héroïne. Bourré d’humour et d’autodérision, Teenage Sex and Death explore la frontière mouvante entre réalité et fiction, sensualité et stupeur, consentement et dissociation. — Caroline Besse “Soudain”, de Ryûsuke Hamaguchi Virginie Efira et Tao Okamoto ont toutes deux obtenu le Prix d’interprétation féminine au Festival de Cannes 2026. Photo Cinéfrance Studios Les films du réalisateur de Drive My Car sont souvent des voyages d’apprentissage qui nous emmènent loin dans la connaissance des êtres. Qu’il y ait ou non de longs trajets ne change rien, on y fait toujours du chemin. Celui de Soudain se fait à deux. Il est profond, sinueux, bouleversant. Une directrice d’Ehpad s’y lie d’amitié avec une metteuse en scène japonaise de théâtre. On ne peut qu’être frappé par la liberté souveraine avec laquelle est mené ce récit. C’est de la fiction, mais tout près du traité et du documentaire. Du cinéma prosaïque et littéraire, grave et fantaisiste, à l’humour intempestif. — M.S. À lire aussi : Cannes 2026 : tout le palmarès du festival “Adieu monde cruel”, de Félix de Givry Jane Beever impressionne dans ce film, où deux lycéens découvrent l’amour et l’amitié. Photo Remembers/Iliade et Films Un lycéen qui a raté son suicide trouve refuge dans un hôtel vétuste et découvre l’amour et l’amitié auprès d’une fille de son âge. Avec son héros romantique à veste en cuir, sa musique mélancolique et sa douce voix off littéraire, ce très beau film d’apprentissage ne cache pas sa dette truffaldienne. En néo-Antoine Doinel, Milo Machado-Graner est formidable, tout comme sa partenaire, Jane Beever. Deux révélations adolescentes. — Jérémie Couston À lire aussi : Paris à l’heure italienne : le festival cinéma Dolcevita-sur-Seine s’installe aux Arènes de Lutèce Cinéma Paris Festivals de cinéma Le magazine en format numérique Lire le magazine Les plus lus