Pour les cinéphiles nostalgiques de la Croisette et trop impatients pour une sortie en salles, certains films issus de la Quinzaine des cinéastes sont projetés en ce moment au Forum des images, au Reflet Médicis, au MK2 Beaubourg et au Louxor. Voici notre sélection. « Les Roches rouges » de Bruno Dumont sera projeté le 10 juin au Reflet Médicis (5e) et le 18 au Forum des images (1er). Luxbox/Tessalit Productions Par Laurent Rigoulet, Jacques Morice, Jérémie Couston, Samuel Douhaire Publié le 10 juin 2026 à 09h30 Après la Semaine de la critique et Un certain regard, c’est au tour des œuvres de la Quinzaine des cinéastes cannoise d’être projetées à Paris. Notre sélection de films, à voir partir du 10 juin. “Les Roches rouges”, de Bruno Dumont Pour une fois, le réalisateur de P’tit Quinquin a délaissé ses chers paysages du Nord pour mettre le cap sur la Côte d’Azur, à une vingtaine de minutes de Cannes, où le bleu vif de la Méditerranée et l’ocre des pierres lui ont inspiré des images solaires. Dans un style quasi documentaire, nouveau chez lui, il raconte les quatre cents coups au soleil de six jeunes enfants — des « p’tits minots », en somme. Et révèle au passage une sacrée gueule de cinéma, le bout de chou Kaylon Lancel, 5 ans, irrésistible dans le rôle de Géo, le (tout) petit caïd qui fait craquer la gosse de riche Ève (Kelsie Verdeilles, elle aussi épatante). — Samuel Douhaire Le 10 juin à 20h30 au Reflet Médicis. Le 18 juin à 19h au Forum des images.Le 29 juin à 19h au Louxor.En salles le 23 septembre. “Merci d’être venu”, d’Alain Cavalier Camera One Préférant s’effacer sans un mot, le « filmeur » de 94 printemps n’a pas fait le voyage sur la Croisette pour accompagner son dernier journal vidéo, dont le titre en forme d’adieu aux larmes ne laisse planer aucun doute sur son vœu de silence. En vrai, ce serait plutôt à nous de le remercier pour ces ultimes bribes de vie quotidienne piochées dans le disque doux de son ordinateur. Mosaïque d’instants volés à l’éternité par sa petite caméra qui ne le quitte jamais et qu’il emballe symboliquement à la toute fin d’un film hanté par la mort (d’un chat, d’un pigeon, de ses amis) mais résolument du côté des vivants. — Jérémie Couston Le 11 juin à 20h30 au Reflet Médicis. Le 13 juin à 14h40 au MK2 Beaubourg.Le 14 juin à 19h au Forum des images.Le 28 juin à 14h au Louxor. “La libertad doble”, de Lisandro Alonso Deptford Film/Les Films Fauves/The Match Factory Lisandro Alonso est argentin. Il réalise depuis vingt-cinq ans un cinéma des confins, sur la vie sauvage et solitaire. C’est peut-être le dernier des Mohicans. Dans La libertad doble, il filme un bûcheron, dans la province de La Pampa, en Argentine, qui loge dans une bicoque de fortune. Une vie simple, soudain moins facile : il se voit obligé d’accueillir sa sœur, handicapée mentale. On ne peut pas trouver cinéma plus radical. À l’os, dénudé, aux dialogues très rares. On se dit que Lisandro Alonso est fou, que tout ce qu’il réclame du spectateur (attention, patience…) n’est plus possible aujourd’hui. Or, à Cannes, personne ne mouftait. De quoi redonner follement confiance : oui, le culte du cinéma est toujours bien vivace. — Jacques Morice Le 10 juin à 16h40 au MK2 Beaubourg. Le 13 juin à 14h30 au Reflet Médicis.Le 16 juin à 21h au Forum des images.Le 25 juin à 21h au Louxor.En salles le 25 novembre. “Le Journal d’une femme de chambre”, de Radu Jude Mélanie Thierry et Vincent Macaigne dans « Le Journal d'une femme de chambre ». SBS Productions/Avanpost Après Renoir, Buñuel et Benoit Jacquot, Radu Jude s’empare à son tour du roman d’Octave Mirbeau, mais à sa manière : sarcastique et très politique. Célestine, la servante aux bottines de 1900, est devenue une jeune Roumaine bonne à (vraiment) tout faire pour des bourgeois bordelais d’aujourd’hui. Vincent Macaigne et Mélanie Thierry sont irrésistibles en patrons exploiteurs mais cool, et le réalisateur de N’attendez pas trop de la fin du monde tire sur tout ce qui bouge (« théâtreux » progressistes inclus) avec un humour féroce qui fait mouche. — S.D. Le 11 juin à 21h au Forum des images . Le 14 juin à 18h30 au Reflet Médicis .Le 16 juin à 21h30 au MK2 Beaubourg.Le 27 juin à 18h30 au Louxor. À lire aussi : Le cinéaste Radu Jude, un vent d’audace venu de Roumanie “Once Upon a Time in Harlem”, de William Greaves et David Greaves William Greaves Productions Un soir de l’été 1972, la haute société afro-américaine se presse chez Duke Ellington pour évoquer l’esprit du légendaire mouvement artistique des années 1920 et 1930, la Harlem Renaissance. D’un salon à l’autre, le cinéaste William Greaves ne perd pas une miette des conversations qui fusent entre ceux qui ont vécu ces années folles du jazz et de la poésie. La maladie l’a emporté, en 2014, à 87 ans, avant qu’il ne termine le montage de ces précieuses images qu’on croyait naufragées. Et ce sont son fils David et sa petite-fille Liani qui les font voyager jusqu’à nous. — Laurent Rigoulet Le 14 juin à 20h30 au Reflet Médicis.Le 16 juin à 19h au Forum des images.Le 27 juin à 13h45 au Louxor. Reprise de la Quinzaine des cinéastes, du 10 au 21 juin au Forum des images (1er), du 10 au 16 juin au MK2 Beaubourg (4e) et au Reflet Médicis (5e), du 24 au 30 juin au Louxor (10e).