Avis aux cinéphiles qui refusent de se laisser distraire par le folklore cannois : cette année encore, la section Un certain regard est reprise à l’Arlequin et la Semaine de la critique à la Cinémathèque. Notre sélection issue de cette 79ᵉ édition. « Congo Boy » sera projeté le 27 mai, 18h, à l’Arlequin. Photo Makongo Films/Unité/Kiripifilm/Karta Films Par Le service Cinéma Publié le 27 mai 2026 à 09h00 On les a repérés sur la Croisette, il est l’heure de les découvrir à Paris. Voici trois films issus de la Semaine de la critique, trois autres d’Un certain regard. Pensez à réserver. “Congo Boy”, de Rafiki Fariala À Bangui, dans un climat de guerre civile, un réfugié congolais de 17 ans passionné de musique doit s’occuper de ses quatre petits frères et sœurs alors que ses parents sont emprisonnés. Sur le papier, le deuxième film du Centrafricain Rafiki Fariala, présenté à Un certain regard, avait tout du drame misérabiliste. À l’arrivée, Congo Boy est un concentré d’énergie, dopé par des scènes de concert fiévreuses, des images superbes et le charme touchant de son jeune interprète. — Samuel Douhaire Le 27 mai, 18h, à l’Arlequin.En attente de date de sortie. À lire aussi : Quand voir au cinéma la Palme d’or et tous les films primés (ou non) à Cannes “Everytime”, de Sandra Wollner Photo Gregory Oke/The Barricades Panama Film Troisième long métrage et premier sélectionné à Un certain regard, le film de l’Autrichienne Sandra Wollner dissèque le deuil qui frappe brutalement une mère et sa fille au sein de leur appartement berlinois. De joyeuses visites au cimetière en bouleversantes crises de larmes, le chagrin prend de multiples aspects, jusqu’à l’apparition quasi mystique d’une petite fille, lors d’une escapade aux Canaries. Aussi lumineux que déchirant. — Caroline Besse Le 29 mai, 18h, à l’Arlequin.En attente de date de sortie. “Dégel”, de Manuela Martelli Photo Ronda Cine/Cinema Inutile/Andrés Wood Producciones 1992. À l’Expo universelle de Séville, le Chili expose un iceberg, comme la métaphore d’un pays moderne où la dictature n’est plus qu’un mauvais souvenir. À peine un souvenir… Dans ce récit asphyxiant entre coming of age et thriller montagneux, une petite fille et une étrangère sont confrontées à la culture du secret. Manuela Martelli filme la cordillère des Andes comme le décor d’un conte noir où les disparus d’hier et ceux d’aujourd’hui attendent la fonte des neiges pour refaire surface. — Mathilde Blottière Le 31 mai, à 16h15, à l’Arlequin.Sortie en salles le 26 août 2026. À lire aussi : Festival de Cannes : Un Certain regard, Queer Palm… Tous les prix de cette édition “Adieu monde cruel”, de Félix de Givry Photo Remembers/Iliade et Films Un lycéen qui a raté son suicide trouve refuge dans un hôtel vétuste et découvre l’amour et l’amitié auprès d’une fille de son âge. Avec son héros romantique à veste en cuir, sa musique mélancolique et sa douce voix off littéraire, ce très beau film d’apprentissage ne cache pas sa dette truffaldienne. En néo-Antoine Doinel, Milo Machado-Graner est formidable, tout comme sa partenaire, Jane Beever. Deux révélations adolescentes. — Jérémie Couston Le 3 juin, à 20h, à la Cinémathèque.En attente de date de sortie. “La Gradiva”, de Marine Atlan Photo Les Films du Poisson/Bibi Films Tchatche, tension, rires, intelligence, ardeur, émotion : il y a tout ça dans La Gradiva, premier film ultra sensible de Marine Atlan. On y suit un groupe de lycéens français, en particulier une fille et deux garçons, en voyage scolaire à Naples et Pompéi. Du désir circule, des frustrations éclatent. Un nuancier large de sentiments compose cette fresque magnifique sur l’adolescence doublée d’un portrait vif et juste de professeure. Grand coup de cœur de cette édition cannoise. — Jacques Morice Lire la critique À Cannes, “La Gradiva”, de Marine Atlan, une magnifique mosaïque d’instantanés sur la jeunesse Le 5 juin, à 20h30, à la Cinémathèque. Grand Prix de la Semaine de la critique. Sortie en salles le 4 novembre 2026. “Irish Travellers”, d’Alexander Murphy Photo Goodseed Productions/Samson Films Chasse au lapin au chien courant, cache-cache dans les blés, balade en sulky sont les passe-temps de la famille O’Reilly, qui vit dans un vieux mobil-home échoué au bord d’une route irlandaise. Le réalisateur a passé six années auprès de cette famille catholique très nombreuse (dix enfants !) et en a rapporté un documentaire d’une humanité rare, sans une once de misérabilisme, sur une attachante communauté de nomades sédentarisés qui résiste tant bien que mal à la modernité. — Jérémie Couston Le 7 juin, à 14h30, à la Cinémathèque. En attente de date de sortie. À lire aussi : Festival de Cannes : ce que l’on retient de l’édition 2026 en douze visages et images