Un jury, ce sont des débats, une négociation et des compromis. Cette année, au 79e Festival de Cannes, le jury présidé par le cinéaste coréen Park Chan-wook est composé de neuf personnalités (parmi lesquels Demi Moore et Isaach de Bankolé) chargé de délivrer leur palmarès, ce samedi 23 mai.Au Parisien-Aujourd’hui en France, nous ne sommes que deux… ce qui rend les conversations plus rapides, mais le choix presque plus difficile. Alors pour « notre » Palme d’or, nous nous sommes accordés sur « L’Être aimé » de Rodrigo Sorogoyen (actuellement en salles).Ce film, qui raconte les retrouvailles, sur un plateau de tournage, d’un réalisateur et de sa fille délaissée, mêle une histoire de famille et une histoire de cinéma. « L’Être aimé » touche parce qu’il dissèque la difficulté à se parler et à travailler ensemble même quand on s’aime. Certaines scènes, qui se déploient jusqu’au malaise devant la caméra intransigeante de Sorogoyen, sont particulièrement marquantes. D’autant qu’elles sont portées par des acteurs géniaux (Javier Bardem et Victoria Luengo).Et pour le prix d’interprétation féminine…Si nos avis se rejoignent sur ce très beau long-métrage, l’un ― ou plutôt l’une ― de nous deux aurait aussi pu décerner sa Palme d’or à « Minotaure » d’Andreï Zviaguintsev, le récit, parfaitement maîtrisé, d’un drame conjugal sur fond de drame collectif, celui de l’invasion de l’Ukraine par la Russie (en salles le 14 octobre). L’autre aurait choisi « Notre salut » du Belge Emmanuel Marre, film intense qui dévoile des facettes méconnues de la collaboration (au cinéma le 30 septembre).Nos reporters à Cannes, Renaud Baronian et Catherine Balle. LPNotre prix du jury, lui, revient à « Fjord » de Cristian Mungiu, un long-métrage poignant et troublant sur le traitement des violences intrafamiliales en Norvège, qui plonge le spectateur au milieu d’un conflit… et dans des abîmes de doute (sortie le 19 août). Pour notre prix de la mise en scène, nous avons opté sans hésitation pour « La Bola Negra » de Xavier Calvo et Xavier Ambrossi. Ce drame mêle trois époques (1932, 1937 et 2017), deux histoires « vraies » et une fiction : sa réalisation est d’une beauté à couper le souffle, entre ultraréalisme et onirisme (date de sortie encore inconnue).Notre prix d’interprétation féminine, nous avons décidé de le décerner à Léa Seydoux. L’actrice est troublante dans « L’Inconnue » d’Arthur Harari, où elle joue un homme pris au piège du corps d’une femme (en salles le 26 août), et formidablement juste en femme dont l’univers s’écroule lorsqu’elle découvre que son mari est un « gentil monstre » dans « Gentle Monster » de Marie Kreutzer (date de sortie inconnue).S’il avait fallu opter pour un prix ex æquo, on choisirait également, treize ans après la Palme d’or de « La Vie d’Adèle » d’Abdellatif Kechiche, Adèle Exarchopoulos. Elle est magnétique en actrice alcoolique dans « Garance » de Jeanne Herry (sortie le 23 septembre). Quant au prix d’interprétation masculine, on le remettrait à Swann Arlaud, qui captive dans « Notre salut » d’Emmanuel Marre : dans ce long-métrage de 2h30, on est totalement accroché par sa présence.
Festival de Cannes 2026 : « L’Être aimé », « L’Inconnue », « Minotaure »… Et notre Palme d’or est attribuée à…
Alors que le 79e Festival de Cannes s’achève ce samedi soir, nos journalistes ont désigné leurs prix à eux après avoir vu tous les films de














