Entre les deux Stade de France de Bad Bunny et le festival spécialisé rap et musiques afro-caribéennes Yardland, il va faire chaud à Paris cette semaine. Voici notre sélection de concerts du 1er au 5 juillet. Jorja Smith sera l’une des têtes d’affiche du festival Yardland ce week-end, à l’Hippodrome de Paris-Vincennes. Photo Ivor Lawson Adamah Par Erwan Perron Publié le 30 juin 2026 à 17h01 Yardland à l’Hippodrome de Paris-Vincennes Pour tous ceux qui n’ont pas leur place pour l’un de ses trois Stade de France en avril, voici la parade : vendredi, Niska, le king de la trap à tendance afro, joue entouré de ses potes dans une création pour le festival, intitulée « Niska et ses Charos ». Mais qui sont ces Charos ? Parmi ceux qu’on a déjà eu l’occasion d’applaudir : Tiakola, Guy2Bezbar, La Mano 1.9, XVBarbar et Uzi. On en oublie... La Britannique Jorja Smith, à la voix souple et ample, est à coup sûr la grande attendue du samedi. On a pu écouter son nouvel album, What Are the Odds (à sortir le 21 août), qui, entre deep soul inquiète et R’n’B dansant sur fond de douces secousses UK funky, tient largement ses promesses – mention spéciale à Alive, en duo avec le Nigérian roi de l’afrobeats Wizkid. Mais il y aura aussi forcément foule pour applaudir sa compatriote Khyra Leah Wilson, connue sous le nom de scène kwn, qui porte haut les couleurs d’un nouveau R’n’B teinté de pop — on lui trouve dans la voix les accents soul de son aînée Sade. Sans oublier le pionnier du grime Skepta, qu’on a toujours vu bon. Mais chez les francophones ? On mise sans risque sur le délirant Suisse Makala (renversant en janvier à la Cigale) et on est curieux de voir comment Fanny J, visiblement fan de Whitney Houston et de Mariah Carey, va s’en sortir. Chez les stars du festival à ne pas manquer, l’excellent Divine Ikubor, alias Rema, 26 ans, était déjà présent lors de la première année. L’artiste, originaire de Benin City, dans le sud du Nigeria, sera accompagné d’un groupe, dimanche. Il avait vu sa carrière mondiale décoller dès la publication de son premier album, Rave & Roses (2022), avec son tube Calm Down. On n’est pas étonné qu’il ait fait ses classes à l’église : sa voix haute, émouvante et emplie de facétie, le classe dans la catégorie des chanteurs plutôt que celle des rappeurs. Mais on y va aussi pour les « p’tits Frenchies » La RVfleuze, Yvnnis et Yaya D. Bad Bunny à Paris La Défense Arena Et dire qu’on ne l’a jamais vu sur scène ! Le Portoricain Benito Martínez Ocasio, de son vrai nom, n’a jusqu’à présent honoré notre pays que de deux concerts, lors d’un showcase au club Redlight en 2017 et au festival Lollapalooza en 2019. Il faut dire que notre pays a mis un peu de temps pour adopter le roi incontesté du reggaeton. Son septième album, Debí tirar más fotos (2O25), où il rend un vibrant hommage à son île, mêlant pop et rap, dembow et boléro, est d’après nous son meilleur. Du 4 au 5 juillet, 20h, Paris La Défense Arena, Rue des Sorins, 92000, Nanterre. (76,20-224,70 €). Tomora à la Cité de la musique Faut-il applaudir ou non Come Closer, enregistré par la Norvégienne Aurora et son aîné Tom Rowlands (moitié du duo anglais The Chemical Brothers) sous l’alias de Tomora ? Avouons qu’on l’a peu goûté, tant la première en fait des tonnes au micro, d’une voix tour à tour enfantine, mélodramatique, profonde ou criarde. Et alors que la musique du duo multiplie les mêmes sautes d’humeur, les blips et les stridences électroniques, qui semblent jetés là un peu par hasard. Mais comme ils ont promis « des concerts laissant une large place à l’improvisation », on n’est pas à l’abri d’une bonne surprise scénique… Sniper au Kilowatt « Je suis donc j’existe/ Je suis donc j’résiste/ Appelle-moi Karl, j’insiste », chantent-ils sur le morceau introductif de leur cinquième album, Personnalité suspecte vol. 1, qui cède à la nouveauté de l’Autotune et prend assez souvent de discrets accents reggae, voire pop. Aketo, Tunisiano et Blacko, qui, aux débuts des années 2000, ont tenu haut le drapeau d’un certain rap hardcore, quand celui-ci était au creux de la vague, tentent de se renouveler. Pas toujours réussi mais souvent émouvant. q Le 2 juillet, 19h, Le Kilowatt, 18, rue des Fusillés, 94400, Vitry-sur-Seine. (36-45 €). Jb Dunckel aux Arènes de Montmartre « Pour tout musicien, publier un album de piano solo, c’est le but ultime, le Saint-Graal », nous confiait-il avec amusement en 2022, au moment de la sortie de son (excellent) album Carbon. C’est désormais chose faite pour JB Dunckel, moitié du célèbre duo Air, qui a publié en 2024 Paranormal Musicality, un disque léger et caressant comme l’air coulant le long d’une rivière. Il l’interprète ce soir dans le cadre verdoyant des arènes de Montmartre. Avant d’être rejoint par cinq violons et une flûte pour en donner la version augmentée telle qu’entendue sur son disque Paranormal Music Chamber (2026). Hâte de découvrir live Shine (Version for String Quintet)… Le 2 juillet, 20h, Arènes de Montmartre, 27, rue Chappe, 18e, 01 42 62 33 33. (32-38 €). Malka Family au Parc André-Citroën On a toujours dansé comme un dingue lors des concerts de Dany’ O (basse), Jay Murphy (claviers) et de leurs potes. Le groupe parisien qui, avec ses cuivres et ses cocottes funk, fit souffler un vent joyeux sur la France dès la fin des années 1980, nous revient avec Planète claire. Un (bon) disque, marqué par le disco, dont on connaît déjà le développement scénique : ce soir, on va encore danser comme un dingue. Alexis Taylor & Benjamin Diamond à la Maison Super Bock Envie de sardinhas assadas (« sardines grillées ») et de musique ? Une célèbre marque de bière portugaise invite l’Anglais Alexis Taylor, chanteur à la voix de falsetto repéré chez Hot Chip, à défendre son album solo Paris in the Spring. Plus tard dans la soirée, le Français Benjamin Diamond, qui fut la voix si émouvante du trio Stardust (auteur du tube Music Sounds Better With You) est un bon DJ, mixant house, new wave d’antan et pop d’aujourd’hui. q Le 4 juillet, 18h, Maison Super Bock, 7, rue Lacharrière, 11e. (Entrée libre). Mind au Parc André-Citroën Quand il n’officie pas au côté du légendaire compositeur américain Jeff Mills au sein du trio Tomorrow Comes the Harvest, le pianiste Jean-Philippe Dary regorge d’idées et de concerts. On a pu assister au filage de son projet Mind, où, équipé d’une foule de machines clignotant de partout (sampler modulaire, boîtes à rythmes, contrôleurs numériques…), il rend hommage à ses ancêtres bushinengué de Guyane, ces peuples descendant des communautés marronnes ayant fui l’esclavage pour se réfugier dans la forêt amazonienne. Le résultat ? Une musique que l’on qualifiera d’afro-house à la fois mystique, psychédélique et hyper-dansante, où se télescopent le dialecte taki-taki, parlé le long du fleuve Maroni, et le son des machines. Un must. r Le 4 juillet, 19h, Parc André-Citroën, rue Balard, 15e. (Prix libre, sur réservation).
Jorja Smith à Yardland, Bad Bunny à La Défense Arena… Huit concerts électro et rap incontournables cette semaine à Paris
Entre les deux Stade de France de Bad Bunny et le festival spécialisé rap et musiques afro-caribéennes Yardland, il va faire chaud à Paris cette semaine. Voici notre sélection de concerts du 1er au 5 juillet.













