Les trois Stade de France d’Aya Nakamura, le duo new-yorkais Fcukers, les trois sorcières de Vulves assassines... Découvrez les concerts électro et rap à ne pas rater du 27 mai au 2 juin, recommandés par “Télérama Paris”. Aya Nakamura sera au Stade de France du 29 au 31 mai. Photo Fifou Par Erwan Perron Publié le 26 mai 2026 à 17h11 Vulves assassines Sur fond de boîtes à rythmes et de riffs de guitare basiques, on aime leur chanson Derrick, (« Derrick, Derrick, tu as fait une série/ Derrick, Derrick, parce que t’es un nazi »). Ou encore leur hit J’aime la bite, mais pas la tienne. Voilà qui nous rappelle le bon temps du rock alternatif des années 1980. Sauf qu’à cette époque on ne voyait guère de filles sur scène ! On n’a pas fini d’entendre parler des trois sorcières de Vulves assassines, qui en concert emportent tout sur leur passage. q Le 27 mai, 20h, La Cigale, 120, boulevard Rochechouart, 18e, 01 49 25 89 99. (25-35 €). Sugar Sugar On aime beaucoup leur titre Bubbles Pulses, mixant techno progressive et ambient, qui rappelle assez l’univers planant du Suédois Axel Willner, alias The Field. Alors on fonce écouter en live Julien Loutelier, à la batterie, et Axel Rigaud, aux synthétiseurs modulaires. Le 27 mai, 20h, Le Hasard ludique, 128, avenue de Saint-Ouen, 18e, 09 81 98 67 55. 14-16 €. Miel de Montagne « Est-ce que si je m’habille comme ça, tu m’regardes ? Est-ce que si je change de coupe de cheveux, tu aimes ? », chante-t-il en duo avec Philippe Katerine, sur C’est dur, extrait de son deuxième album, Tout autour de nous (2022). Avouons qu’on a dit du mal dans ces colonnes de ce chanteur, qui rencontre un succès plutôt inattendu aux États-Unis. Mais, c’était avant d’aller l’entendre au Trianon. Car, sur scène, Miel de Montagne a l’art d’incarner ses chansons pop énamourées et gentiment distanciées. Avec ça, il est bon guitariste. q Du 27 au 29 mai, 19h30, La Maroquinerie, 23, rue Boyer, 20e, 01 40 33 35 05. 34,90 €. Damso En à peine deux ans et grâce à ses deux premiers albums, Batterie faible (2016) et Ipséité (2017), le rappeur belge s’est hissé parmi les poids lourds du rap francophone. Les deux suivants, Lithopédion (2018) et QALF (2020), où il alterne les scènes et les histoires les plus crues et les confessions les plus sensibles, n’ont pas déçu. Et puis, patatras, sur J’ai menti (2024), Damso s’est égaré dans un rap auteuriste et nombriliste. Pour l’avoir vu sur la grande scène des Vieilles Charrues, étonnamment statique et pourtant méchamment charismatique, on prédit qu’il va cueillir l’Arena de Nanterre. Instrumental Six groupes et deux scènes (19h-2h) pour célébrer les noces de l’électro et de la musique acoustique, voilà qui est alléchant. Parmi ceux qu’on a déjà vus : les six membres de Hilight Tribe pratiquent depuis trente ans une « natural trance » emplie de percussions et de samples de didgeridoo, parfaitement dansante ; les quatre musiciens de Spoink délivrent un mix original de techno, de drum’n’bass et de jazz rock en laissant une grande part à l’improvisation ; le duo Roots Zombie s’en sort bien avec son mix de dub roots et de punk… q Le 29 mai, 19h, Le Kilowatt, 18, rue des Fusillés, Vitry-sur-Seine (94). 26 €. Frédéric Soulard Pour intituler un morceau Catherine Destivelle, du nom de la célèbre alpiniste ayant gravi en solo il y a trente-quatre ans la face nord de l’Eiger (3 967 mètres, en Suisse), il faut être un mordu de grimpe. C’est le cas de Frédéric Soulard, musicien et réalisateur recherché (il était à la console lors de l’enregistrement du Radiate de Jeanne Added), qui présente son premier album, Get High… dans une salle d’escalade à Pantin. Entre ambient-électro et jazz contemplatif, un disque qui plane très haut. Pour l’accompagner ce soir, Arnaud Roulin (synthétiseur et piano) et, au micro, le touchant Frànçois Atlas. On a hâte d’entendre en live La Neige sur ton visage. Aya Nakamura Faut-il encore présenter l’effrontée et joyeuse Aya Nakamura, 31 ans ? Sur fond de syncopes dansantes empruntées au large spectre de la musique afro-caribéenne (zouk antillais, afrobeats nigérian ou ivoirien, reggaeton portoricain), elle a mis un bon coup de pied aux fesses du R’n’B français, qui faisait du surplace depuis la fin des années 1990. On la kiffe aussi pour ses textes mordants, mélange d’argot et d’anglicisme, où elle rabat leur caquet aux machos, aux « pookies » et aux « papis » racistes de tout poil. Sur son cinquième album, Destinée, elle élargit avec brio son univers en faisant un détour par la chanson-jazz (Blues) et en faisant un clin d’œil à la house music (le très dansant Alien). Comme on l’a déjà vue excellente sur scène, y a pas moyen, on y va. r Du 29 au 31 mai, 18h30, Stade de France, avenue du Président-Wilson, Saint-Denis (93). 40-144,50 €. Annie-Claude Deschênes et Cut Face Pour intituler une rubrique de presse « Des faits, des freaks, du fun », il faut avoir du talent ! Le magazine indépendant Gonzaï fait sa soirée, dans un bar-club de Montreuil bien connu des amateurs de rock. Dans une veine synth-pop dérivant vers le punk, la Montréalaise Annie-Claude Deschênes (ex Duchess Says ) est une attraction scénique majeure. On est impatient de découvrir le duo Cut Face (un gars et une fille) dont le premier EP, You’ll Never Get the Same Moment Twice, marie joliment new wave mélodramatique et drum’n’bass au couteau. q Le 30 mai, 20h, Chinois, 6, place du marché, Montreuil (93). 10-12 €. Fcukers « Va à la plage, ouais, je t’offre des bonbons/ Va dans la rue et je t’offre des bonbons », chante-t-elle de sa voix mutine et joyeuse. Il n’aura fallu que deux EP, Mothers (2023) et Baggy $ $ (2024), pour faire de Fcukers, monté par les New-Yorkais Shanny Wise et Jackson Walker Lewis (basse, production), le groupe branché dont tout le monde parle. Même si leur premier album, récemment sorti, Ö, nous a déçu, on les a bien aimés il y a deux ans aux Trans Musicales de Rennes, accompagnés d’un batteur. Pour les amateurs de punk-funk, quelque part entre Tom Tom Club et LCD Soundsystem. q Le 2 juin, 19h, Bataclan, 50, boulevard Voltaire, 11e, 01 43 14 00 30. (30,60 €).
Concerts électro et rap à Paris : notre sélection de la semaine
Les trois Stade de France d’Aya Nakamura, le duo new-yorkais Fcukers, les trois sorcières de Vulves assassines... Découvrez les concerts électro et rap à ne pas rater du 27 mai au 2 juin, recommandés par “Télérama Paris”.












